I. Comte de Gobineau, les Perses
traînement dont Michelet * se montre particulièrement éloigné), on peut se faire une idée de l'impression que cette vie avait produite sur les Asiatiques écrasés par son char de victoire : a Dans l'espace de quatorze ans, dit une légende poétique de la Perse, Iskender parcourut les routes, les déserts et les montagnes du globe. Les pieds de ses coursiers agiles et étincelants de feu inscrivaient sur les montagnes élevées et inaccessibles des vers dont voici le sens, t Le I jour il est dans la Grèce, et la nuit dans Flnde ; « le soir à Damas, et le matin à Nouschad ; son « cheval se désaltère le même jour aux eaux de « Gihon et dans celles du Tigre, qui arrose ï Bagdad. 1
La poésie s'empara de cette existence prodigieuse pour y mêler ses conceptions, comme de nos jours elle s'est emparée de la vie de Napoléon*. Chérilus d'Iasos, compagnon d'Alexandre, chanta ses exploits. A l'époque de l'empereur Adrien, qui composa, dit-on, une Alexandriade^ la légende se développa. Le vainqueur des peuples et des rois semblait un modèle pour les Cé-