I. Description de la vie d'Alexandre
a. Biographies de Latifi et d'Aaschik, trad. par Chabert, p. 8s.
Alexandre et les César, a su fonder cet empire du vicaire d'Allah, qui jusqu'à présent a réussi à renaître de ses ruines (on sait quels sont de nos jours les progrès du Mahométisme en Afrique) et dont la décadence au sud-est de l'Europe peut être visible pour le penseur et l'homme politique sans l'être pour le croyant, habitué à « espérer contre toute espérance » . Les Chrétiens ont leur Paradis reconquis et leur Messiade consacrés à exalter les épreuves et les gloires du fondateur de l'Eglise. Quoique Mohammed ait eu la prudence de ne point considérer les prodiges comme une preuve de l'Islam, le récit qu'il a fait dans le Koran de son excursion miraculeuse à Jérusalem et de son voyage nocturne au ciel * suffisait seul pour ouvrir une vaste carrière à l'imagination du peuple.
Aussi de son vivant disait-on que les arbres et les rochers avaient salué le Prophète d'Allah. La poésie ottomane a si peu résisté à ce penchant pour le surnaturel qu'un écho des croyances populaires, Sati ^, né en Crimée dans la classe ouvrière, va jusqu'à dire quelle céleste pèlerin a
1. Miradiyé, Aarif et Nabi ont chanté l'ascension du ^ropliète.