I. L'Empereur Hèraclius et l'Empire byzantin au vn^ siècle
fin dut paraître devant le nouveau roi pour répondre aux accusations dirigées contre elle par la multitude. Elle se défendit avec courage et dignité, quoiqu'on l'eût obligée de quitter son voile pour paraître devant les rebelles. Mais sa fermeté dans l'infortune et son éloquence firent moins d'effet que les charmes de celle que les Orientaux regardent comme la plus séduisante des femmes. L'usurpateur offrit donc à sa bellemère son trône et sa main. Schirin, sans refuser, demanda à entrer dans le tombeau de Khosrou où elle s'empoisonna.
Dès le temps de Mohammed P'* nous voyons la poésie turque s'emparer du sujet de Khosrou et de Schirin. Siman, plus connu sous le nom de Scheïkhi, qui fut médecin du sultan, composa le premier et le meilleur des cinquante poëmes romanesques ottomans. Le goût des lettres commençait à se développer à cette époque, et c'est à tort qu'on a prétendu que la littérature ottomane ne date que du règne du conquérant de Constantinople. Scheïkhi prit pour guide Nisâmi. A une époque également mémorable des annales ottomanes, Djelili s'inspira de la poésie de la Perse pour chanter à son tour Khosrou et Schirin. Ce thème est devenu aussi populaire
parmi les Turcs que parmi les Persans. Chez les premiers, Ahi, Djelili, Lamii, Schani, Mevlanaschah et Mahmoud ben Osman ^ ont imité Nisâmi.