‹ La poésie des OttomansChapitre 29 sur 79 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

l'épopée allégorique

ou s avons vu l'épopée romanesque aboutir plus d'une fois, — à la grande surprise de ceux qui s'enrêtenc à ne voir dans la poésie turque que le plus grossier matérialisme, — au mysticisme le plus décidé. La même tendance se retrouve dans l'épopée allégorique; mais les théories mystiques revêtent alors une forme plus indépendante et en même temps plus en rapport avec nos propres traditions, le genre allégorique ayant été fort goûté des poètes du moyen âge européen. En outre, il n'est plus nécessaire de s'initier à la vie de personnages dont nous con-

naissons fort peu les aventures, il s'agit de l'homme et du sombre « problème de la vie humaine » , qui n'a pas moins intéressé les poètes ottomans que Théodore Jouffroy. Depuis que la poésie existe elle a aimé à voir dans le drame saisissant de la nature l'image de notre existence, si courte et en même temps si agitée, « qui passe comme la fleur, qui sèche comme l'herbe des champs *. » Mais l'antiquité classique, à l'école de laquelle nous avons été formés, avec le goût si pur qui la guidait, ne laissait pas l'allégorie se perdre et s'obscurcir dans des développements infinis. Il n'en est pas de même des poètes du moyen âge donc les imita» teurs excitaient encore en France la verve railleuse de Boileau. Or les poètes ottomans sont restés fidèles à une esthétique qui n'est plus de mode en Europe. Pour les comprendre et les apprécier, nous ne devons donc pas chercher dans le présent, mais dans le passé, un terme de comparaison.

La Rose et le Rossignol de Fasli, un des principaux poètes de l'empire ottoman, est l'œuvre d'un écrivain déjà ancien, puisqu'il entrait dès

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