I. Bossuet
L'EPOPEE ALLEGORIQUE. S9
1530 dans la carrière littéraire, à une époque où Ronsard, qui avait du sang oriental dans les veines 1, n'avait que six ans. Son poëme, comme les épopées consacrées au grand Macédonien, prouve que la Turquie, au temps de ses triomphes, n'était nullement étrangère aux conceptions poétiques goûtées des nations chrétiennes, ainsi qu'elle l'est devenue quand la décadence l'a isolée d'un monde que l'esprit de la Renaissance transformait chaque jour, sous ses yeux indifférents, d'une façon si profonde. L'immense Roman de la Rose^ qui a eu une telle vogue au Xiii^ et au xiv® siècle, est aussi un poëme allégorique; mais Guillaume de Lorris, l'auteur des premiers 4,000 vers, et Jean de Meung, son continuateur (il ajouta 18,000 vers), ne sont certainement pas mystiques comme le poète ottoman 2. Fasli, au xvr siècle, est bien moins éloigné du genre de sentiments qui poussaient à la croisade les héros chantés dans la Gerusaîemme liberata que les innombrables admirateurs que le Roman de la Rose avait en France et dans toute l'Europe. Les vers de Jean de Meung
1. Le poëte célèbre de la France du xvi* siècle était d'origine roumaine.