Le serf-arbitre », disait bravement Luther
4. Voy. Sainte-Beuve, Port-Royal. — L'analyse du célèbre ouvrage de Jaasénius VAugustinus montre de curieux rap-
le fatalisme entre à pleines voiles dans le domaine de la philosophie. Il triomphe avec le panthéisme du juif Spinosa, avec l'harmonie préétablie de l'allemand Leibniz, avec le matérialisme de l'anglais Hobbes^. L'histoire ne reste pas en arrière. Herder est fataliste comme le plus célèbre historien de la révolution française. Les poètes suivent le torrent avec une sorte d'enthousiasme. Parmi les grands lyriques français de notre temps, l'un ne sait s'il doit appeler « destin^ nature ou providence » la loi qui préside aux destinées du monde; l'autre écrit k^dy/u-n en tête d'un de ses romans les plus populaires. La poésie musulmane aurait donc le droit de dire, comme leD' Strauss, qu'elle « n'est pas un flot isolé • , mais qu'elle est une simple manifestation de la tendance qui porte à considérer l'homme comme un pur néant et à l'anéantir en .Dieu.
Cette tendance en exaltant l'omnipotence divine par tous les moyens ne songe pas la plupart du temps aux conséquences qu'on peut tirer de certains principes. En réduisant tout à un arbitraire divin, n'est-il pas à craindre qu'on fasse
ports entre la prédestination musulmane et les doctrines jansénistes.
I, Voy. Jouffroy, Cours de droit naturel.
douter de Futilité des bonnes œuvres, dont au- £une religion ne saurait se passer î* Ne peut-on pas ainsi arriver aux mêmes résultats que ce fatalisme qui prend son point de départ dans des théories fort étrangères à toute conception religieuse? Les mystiques musulmans ont prouvé plus d'une fois que ce péril est bien loin d'être imaginaire. L'histoire du soufisme 1 l'atteste suFfisamment 2.
Le soufisme peut être considéré comme une réaction des tendances aryennes contre l'esprit sémitique. Personne n'ignore que l'Hellénisme réagit puissamment contre cet esprit dés l'origine du Christianisme. La Perse n'a de même accepté l'Islam qu'à condition de lui imprimer le génie