‹ La poésie des OttomansChapitre 40 sur 79 · I. D»" Tholuck, Sufismus {Œuvres, Gotha · texte numérisé non relu

I. D»" Tholuck, Sufismus {Œuvres, Gotha

a. Soîifi signifie en persan un homme spirituel, détaché du monde. Le soufisme remonte au premier temps de l'islamisme, au II® siècle de l'hégire, et il a eu pour fondateur Saïd Aboul Chair. Cette doctrine a été dans ce siècle l'objet de travaux approfondis. En Autriche, Hammer s'en est fort occupé dans son Histoire des belles-lettres persanes et il a publié le poème mystique intitulé : Gulschen i Ras. En France, S. de Sacy a fait paraître une édition du Pend Nameh de Farid-ed-Din-Attâr, et M. Garcin de Tassy a traduit les Fleurs et fruits, écrit dans lequel un des plus célèbres soufis, Azzeddin, né à Jérusalem au xii"* siècle, a exposé le système d'une secte dont l'influence a été immense.

po LA POÉSIE DES OTTOMANS.

d'une autre race. Elle a fait tant de chemin dans cette voie que le soufisme a fini par ressembler beaucoup plus au panthéisme de l'Inde et au panthéisme le plus audacieux, qu'au prudent monothéisme prêché par le prophète de la Mecque. En effet, le soufi, en approfondissant comme le Brahmane l'idée de l'Infini, arrive, quand il a l'esprit hardi, à la déclarer inconciliable avec l'existence de toute véritable individualité. Les êtres n'étant que de pures apparences, le mal ne se distingue plus du bien que d'une façon relative ; il n'est qu'un degré inférieur du développement du bien. Ce qui est vrai dans l'ordre moral, l'est dans l'ordre religieux. Il n'y a pas plus de religions fausses que d'actions essentiellement mauvaises. Ce qu'on nomme erreur ou péché n'est qu'une étape dans la route que nous devons suivre pour arriver à celui qui seul possède l'Etre, et dont nous ne sommes que de passagères manifestations, gouttes d'eau qu'un souffle de vent soulève de la masse des eaux et qui vont se perdre bientôt dans le sein immense de l'Océan. On s'aperçoit que ces doctrines, favorisées par la liberté laissée aux sectes *, ont pénétré chez

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