I. Latifi, trad. Chabert, biog-raphie des poètes ottomans
montrèrent d'autant moins de répugnance pour certaines institutions protégées par le mysticisme hindou qu'ils voyaient les Chrétiens, dont l'influence a été sur leurs idées plus grande qu'on ne le suppose, montrer beaucoup de zèle pour ces institutions.
Les grandes religions aryennes antérieures au mahométisme ont vu la vie monastique prospérer dans leur sein. Le Brahmanisme favorisa au plus haut degré un ardent ascétisme et le Bouddhisme fit dumonachisme la base même de son système*. Quoique Mohammed ne se soit nullement montré favorable aux moines, pas plus que Moïse, qui avant lui avait prêché l'unité de Dieu aux Sémites 2, l'Islam ne put pas échapper au penchant que les peuples asiatiques ont pour les institutions monastiques et le culte des saints personnages '. On sait que le père du monachisme chrétien, l'Égyptien Antoine, fut décidé à embras-
1. Voy. Mary Summer, Les religieuses bouddhistes. — Eugène Burnouf, Introduction à l'histoire du Bouddhisme indien.