I. Cantimir, Achmet //, Notes
loa LA POESIE DES OTTOMANS.
tenc de mépriser, leur présomption qui n*a d'égale que leur ignorance, toute cette comédie, aussi ancienne que le monde, est décrite par Néfii avec une verve que nous ne sommes guère disposés à reconnaître chez « ces lourds Ottomans ». Les calendersy autre espèce de moines, dont la règle est très-austère, ne lui inspirent pas plus d'admiration. Quelques vers du prince Korkoud, frère de Bayezid II, rappellent le mot spirituel de Socrate au cynique Antisthènes, dont il voyait l'orgueil à travers les trous de son manteau. Le prince déclare que puisque la fortune lui a été contraire, il saura bien se faire respecter comme s'il était puissant. Il ceindra le cordon de feuilles et, tête nue, il ira se montrer aux peuples en costume de dervisch.
La manière dont plusieurs poètes mystiques parlent du monde ^ est faite assurément pour multiplier les partisans de la vie religieuse. Nous ne sommes pas ici sur le terrain du panthéisme, où les manifestations visibles de l'Infini sont aussi sacrées que ses manifestations spirituelles. En présence d'Allah, en qui seul existent la vie, la puissance et l'indépendance, le monde est comme