PREFACE. IX
le plus grand nombre des lecteurs. Nous vivons en efFet dans une époque fort peu littéraire, et l'Europe livrée aux haines des partis, aux luttes des races, aux querelles des sectes, aux rivalités des classes, n^attache qu'une médiocre importance aux questions qui semblaient, il y a quelques années, capables d'occuper tous les esprits cultivés. Trop de pays chrétiens ressemblent maintenant à la Turquie du xviii* siècle. La vie intellectuelle y faiblit visiblement, les fortes études y sont dédaignées, et les peuples^ dans cette seconde enfance, semblent trouver que les contes qui amusent l'adolescence des nations sont seuls dignes I d'un quart' d'heure de peine «. On se rassure en affirmant que le christianisme seul peut préserver les nations de la décadence. Mais n est-il pas plus d'un État chrétien, dont la triste décrépitude n'est pas moins visible pour tout esprit impartial que celle de l'empire ottoman, élevé si