Le lilas est une fleur de deuil
3. La langue française, obéissant à la fameuse loi salique, n'a pas de mots qui correspondent kpoetessa, autrice, scrittrice, pitfrice, etc.
de son pays peignent Tamour fait souvent songer à la définition qu'en donnent certains physiologistes modernes, qui le considèrent comme un état vraiment maladif ; une altération des organes cérébraux de l'imagination et de la mémoire. Mihri, quoique sa manière de vivre n'ait pas prêté à la critique * comme celle de l'illustre fille de Lesbos, quoiqu'elle ait gardé avec fidélité le collier d'ambre ^, voit dans l'amour moins Taccord des intelligences et des caractères, « ces nœuds secrets, ces sympathies » dont parlent si souvent nos poètes européens, qu'une impression soudaine, violente, irrésistible, le « coup de foudre » des romanciers contemporains. Cette impression, non-seulement transforme en idéal l'être qui la fait naître, mais elle obsède tellement la mémoire qu'elle n'offre plus à la pensée qu'une seule image. Aussi les plus calmes spectacles de la nature, les froids rayons de la lune qui se jouent autour du lit de Mihri lui montrent le fantôme adoré qu'elle avait vu resplendir, à l'aurore, dans les premières lueurs du matin. Si le morceau de chair qu'on^ retourne devant la