‹ La poésie des troubadoursChapitre 30 sur 60 · IM · texte numérisé non relu

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Peyrol : « Que j'aime à contempler deux amants qui, s 'aimant d'un véritable amour, ne se trahissent l'un l'autre et mettent tant de prudence à choisir l'heure et le lieu de leurs tendres déduils, que l'envieux ne réussit à les surprendre. » III. 276.

Arnaut de Marueil : « Nous trois, ô ma dame, l'amour vous et moi , savons seuls l'accord passé entre nous sans autre témoignage. » 111. 213. — Ailleurs : « Que nul ne s'imagine que j'aille révéler le château où elle commande en reine. » III. 226.

Peire Rogier fait mystère de l'état de son cœur, môme à sa dame : « N'importe où se trouve ma dame, je suis son amant sans partage. Mon cœur brûle en silence sans éclat et sans bruit. Car elle ignore le bien qu'elle me fait, la félicité, l'ivresse qu'elle me donne; l'envie même ne saura me découvrir, je suis son amant ignoré. » III. 33.

On prémunit surtout les amants contre les envieux et les médisants dont les calomnies et les caquets ont souvent l'union la plus intime.

Bernard de Ventadour : « Ah Dieu ! que l'union de deux amants serait belle chose, s'il pouvait se faire que l'envie ne parvînt à découvrir leur attachement (1). »

Arnaut de Marueil : « Je voudrais que tout amant célàt et sût interdire l'état de son cœur au regard da ces envieux, de ces calomniateurs, méchants parleurs, qui détruisent toute félicité. Car le siècle est si plein de félonie que

(I) AiUicus'. <piambona(braai\iors De dos amies s'esscr pogue* Que jausd'aquels enuios Lor unistM dm cMognei ! III. 74.

Z n :Z h TVl faUl taiFe ,a Vérilé ' mais sou vent dissimu- 1er et mentir (1). » ffl. 211.

Un préservatif excellent contre la maligne influence de ces tronble-joies, c'est de ne ravir de douces faveurs qu en imagination.

Gairaut de Salignac : « Je prends ce que je n ose exiger ; je vous dérob een pensée cinq cents baisers par

in 395 D 31 rien à rcdouter des jaloux ct des médisaDts ' *

Arnaut de Marueil : « L'amour me connaît pour un féal amant; aussi m'enseigna-t-il comment posséder vos douces faveurs. Je vous tiens dans mes bras, je vous prodigue les baisers, et nul jaloux n'en est témoin. (2) » 10. 207. ' v ;

De fait, cette vigilante circonspection était des plus nécessaires. Car en ce qui concerne les tendres relations avec des dames mariées, il ne semblerait pas que leurs époux entendissent sanctionner la morale débridée du

(I) Folquet de Marseille s'abstient d'envoyer message à sa dame et delà visiter , c change aux envieux et leur faire croire que .es espérances sont ailleurs. Las! eu nonlaus mon messaj* enviar Nitandarditnonai, qu'eu l'an E non o lais, mais car voill far Als fais devis, c'aillora ai mon l'ero'l dezirs m'es ades plus

El pensameiu, Car eu no il sut

« Meravil me corn pod. . M» D. 2i0. (Irai) (2) E quar conois qu'ieuam ab cor verai.

de vos detal guuajauzir:

maney e

Aquest domneis m'es dous e cars e I E no 'I me pot vedax negus gelos.

Pensan vos bais e I

siècle, jusqu'à leurs risques et raéchcfs. À Guillaume de Cabestaing, il en coûta la vie ; à Pierre Vidal, rien moins que la langue (1). Aussi le biographe de Folquet de Marseille nous dit-il que ce troubadour se gardait bien d'ébruiter son amour pour Azalaïs; car elle était la femme de son protecteur, et on eût taxé le procédé de vilainie. Quant à la dame, elle tolérait ses amoureuses supplications en faveur des louanges qui glorifiaient son nom. S'agissait-il d'une demoiselle? Le poète avait à filer le parfait amour avec une extrême prudence, cl à bien mesurer ses expressions s'il ne voulait s'attirer les vengeances d'une parenté ombrageuse et peu endurante , ou froisser la délicatesse de la jeune personne. D'ailleurs, les dames de haut lieu oubliaient difficilement la distance qui les séparait du pauvre chanteur errant. Condescendre à être l'objet du poétique tribut, c'était déjà, dans leur opinion, le rémunérer au centuple; et, dès-lors, serait-il si osé que de franchir les bornes de la convenance? Ceci nous explique un axiome de nos poètes, qui autrement serait une énigme : La courtoisie est ioséparable de la mesure, fi en résulta certaines observances particulières à la poésie de l'époque. Nommer apertement sa dame , c'eût été pour ainsi dire rompre son ban. On avisa de se servir d'un nom pseudonyme ^2),

(I) Ou du moins cui-il à supporter le supplice que le petil Jehan de Saiulro inflige! à DalBp, abbè. Ga qnifaildiro au moine de Momaudon:

Queuon a sos membres entiers.

Et agra lobs lcnga d'argen. IV. 3?i. (Tradj.

(«) Gent-conaws, — loi n'wett. — btls seigner, - sobre tôt:, — bels cavaliers, — toU temps. — gorda cor — Loba, c'est-à-dire louve. Le surnom est du rail de l'eire Vida), qui, à ce propos, s'intitulait loup. Mieui que cela, il s'affubla quelque jour d<» la peau de ranimai, métamorphose si complète, que chicus et berger» lui douuvreui la chasse et qu'on le

niais qui contint une allusion secrèle au sien. Pour qui possédait la clef du rébus, il n'y avait plus de mystère. La dame l'entendait bien ainsi. Les hymnes laudatives du féal serviteur devaient donner pleine extension à sa propre renommée. Dans certaines circonstances, la dame était nominativement désignée; c'était un cas particulier.

Cette précaution de rigueur interdisait au troubadour de présenter sa chanson en personne; il employait un Mercure discret et affidé, d'ordinaire un jongleur (1), lequel se rendait auprès de la dame et lui chantait son message. Ceci paraîtra vraisemblable à qui se rappellera que la chevalerie en masse et les dames en particulier étaient incapables de tracer ni A, ni B, si bien qu'une chanson écrite eut été l'envoi d'un hiéroglyphe. Bernard de Ventadour ne cite-t-il pas comme une merveille que sa dame sache lire? (2).

Quant au chapitre des empiétements sur l'honneur conjugal, il faut bien admettre que la tolérance d'un siècle

rapporta demi-mort chez sa dauic. Ceci semble un conte fait » plaisir/ ruais Maifrc Enueoguau y fait allusion, et Vidal on parle lui-même. Si les troubadours Taisaient des citrava- {tances, les preux chevaliers leur donnaient IY.\cmplc

Per la eomtessa de Modes ratai Anraslor cap cavalier niais decen. . . V. 172. l'ius de cent chevaliers s'étaient fait tondre rasilms pour l'amour de la comtesse de Modes.

(Trai.)

( 1 ) fmillem de Saint-Didier taisait «ne cour assidue à la sœur du dauphin d'Auvergne, Assalkle de Claustra, femme du vicomte de l'oligiiac. Tressée par d'instantes sollicitations, Assalide lui déclara un jour ne pouvoir agréer ses hommages qu'autant que son mari IV engagerait lut— moine. Sans perdre de temps, notre troubadour compose une chanson où uo mari remplissait le rôle demandé, et la chanta au viconito. Ce dernier, grand admirateur du poète, s'empressa de l'appreudrc par . aux et de la débiter à sa femme.

-j Ella tah taras ei raten...

« Cossirier. . .Vj.

où Ton sacrifiait tant aux plaisirs des sens êlail prompte à fermer les yeux. Quelle légèreté de principes distinguait ijlu en ce genre les populations françaises, c'est ce dont on

^ peut juger par ces fabliaux, dont tout au moins les deux

,0 tiers mettent en scène des maris trompés, à la plus grande

hilarité et satisfaction des auditeurs qui n'aimaient rien tant que ce thème en variations. Quant aux troubadours, Ademar ne s'en gène guère et nous dit avec e(Tronterie : « qu'il verraitavec une extrême satisfaction le roi Alphonse et les plus illustres comtes de la chrétienté conduire leurs hommes d'armes contre les Sarrasins, si l'un d'eux voulait bien emmener en Terre-Sainte certain mari jaloux qui séquestrait sa femme (l'amie du poète). Le cas échéant, il lui garantit pleine rémission de ses péchés, si noirs qu'ils puissent être. III. 198.

Ces intrigues, d'une nature moins platonique que les adorations d'un poète de cour pour sa dame châtelaine, ..,v donnèrent occasion à une spécialité de la chanson d'a-

$ mour. Les rendez-vous nocturnes avaient lieu sous la sauve-

garde d'une védelle amie, qui par un appel ou un coup de sifflet annonçait l'aube du jour, afin que les amanls eussent à se séparer, et à se mettre eu sûreté contre les recherches du jaloux ouïes rondes de ses espions. C'est ce que nous retrace Xalba (l'aubade); et le pinceau de nos poètes, rentrant tout-à-fait dans l'esprit de l'époque, lui prodigua ses tons les plus tendres. L'usage existant servit-il ici de prétexte? C'est ce qui n'est pas clairement démontré à la lecture des aubades; mais il est fort logique de supposer que ces voluptueuses poésies offraient une théorie assez attrayante pour en déterminer la pratique. On pourra se faire une idée du genre par la pièce

que nous allons traduire et dont Fauteur est inconnu. 11 serait seulement à souhaiter qu'on pût reproduire la grâce inimitable de l'original. II. 236.

« En un verger sous feuillée d'aubépine , la dame presse son ami contre soi jusqu'à ce que la guete annonce le lever de l'aurore. Oh Dieu! oh Dieu! que l'aube est matinale. »

« Plût à Dieu que la nuit ne dût jamais finir; qu'il ne fallût pas me séparer de mon ami, et que la guete n aperçût ni l'aube ni le jour Oh Dieu! etc. »

« Beau doux ami, descendons là-bas, et que nos baisers soient l'écho du joyeux gazouillement de l'oiselet. Oh Dieu, etc. »

« Beau doux ami, faisons un jeu nouveau dans le jardin où chantent les oiseaux, jusqu'à ce que la sentinelle touche son chalumeau. Oh Dieu, etc. »

« Quel souffle embaumé est venu de là ! J'ai bu comme un doux rayon ce soupir de mon courtois et bel ami. Oh Dieu, » etc.

a La dame est avenante et pleine d'attraits; que de regards enivrés poursuivent cette belle! Mais son cœur est fidèle à loyal amour. Oh Dieu, oh, Dieu, que l'aube est matinale.

Les effets de l'amour sont merveilleux. Il fait passer l'âme par les situations les plus opposées (l), lui enlève la conscience du présent, la ravit en extase, la béatifie en songe, mais ce n'est que pour lui rendre la réalité plus

(1) La poésie proTôOçalc se complaît a dépeindre cet état désordonné de l'ime, résultat de lcxcés delà passion. Pétrarque a relevé le trait dans un sonnet bien connu. Gnirtut de Bonwd

amèrc au réveil, et pourtant les souffrances de l'amour n'en sont pas moins une source de délices.

Raimbaut de Vaqueiras : « Sage et insensé, hautain et débonnaire , avare et libéral , timide et hardi selon les moments, il m' arrive encore d'être amusant ou ennuyeux, réservé ou expansif, courtois ou vilain, bon ou pervers! En un mot, je connais le bien et le mal. III. 256.

Peire Rogier : « L'amour dit vrai, d'autres fois il nous trompe. Il accorde trêve à de grands maux , et fait passer notre cœur de haine à bienveillance. Aujourd'hui il fera ce qui plaît, demain ce qui peine. 111. 35.

Folquet de Marseille : « Maintes fois l'on m'a parlé et j'ignore ce qu'on m'a dit; on m'a salué, mais je n'ai rien entendu : » III. 160.

Bernard de Ventadour dit avec sa naïveté ordinaire :

l'emporte Ici sur tous ses devanciers, et l'état moral du pauvre amant touche do près à l'aliénalion moniale.

Un sonet Tau malvau e bo K re non sai de cal nuo, Ni de cui ni cum ni perque.

Ni re non sai, don mi soye, E tarai lo, pois no 1 sai far, E farai lo, qui nol sap chaniar.

Ab rellui vauc, qui no-tnsomo, E «plier li, quan non a que-m do, fer benesiar sui ab Jaofre E sai ben far so que-m sove Qu'ieu-m l?u, quand mi d*<ç racoler E chant doso, doudei plorar.

Mal ai, quanc hom plus sans non fo, E tenc malTau home per pro, E don assat/, quan non ai re, E vuoill mal ecllui, qui-m vol bc :

Tani

Delorn mi vai o dcviro Fondatz e sai mais de Cato, Deveslacoa ilvhrlofre, S'altro plus fols no an'en rcl#», Caiialsenmireeoseifnar Al prim, c'ara-m fai follciar, etc.

Sis. D, 130. (Trait.)

i< Hélas! je meurs sous le poids de mes peines; et ces souffrances me sont si chères qu'un voleur pourrait s'emparer de moi; je ne m'en apercevrais pas. » III. 55.

Arnaut de Marcuil : « Maintes fois durant mon sommeil je crois rire et folâtrer avec vous; je goûte le suprême bonheur, et quand je m'éveille, je vois, reconnais, éprouve qu'il n'en est rien; et mon ivresse tourne en larmes (1). »

Boniface Calvo : « Il m'en vient à l'âme une douce souffrance qui m'endolorit sans me faire mal. » III. 445.

Le pouvoir de l'amour se manifeste encore d'une manière non moins surprenante. L'esprit de l'amant franchit les distances et le met en rapport intime avec l'objet aimé. Ces mystiques communications, articles de foi dans l'érotique du temps, régnent d'un bout à l'autre de la littérature provençale; les poètes semblent y attacher beaucoup de prix, comme à une métaphore féconde en pensées poétiques (2) .

(I) A us on durraenme rir manias sazo« (Kicti joc c ri ab y o*. e'n sui jauxiro Pueis, quan reissit, vcy c eonosc e sen Que res non es, toni en ploi ar lo rire. III 218.

(2) Ayant encouru tout à la lois lo déplaisir de sa dame et de son protecteur. Petrol te flattait encore du retour aux lieux témoin* de son bouhour. Voici la plainte de l'exilé : Non esnuillsjorin, qu'c mon cor non dissenda L'na dolsors, que ron démon pays; Laijoingmasntaose lai estau aclis K lai. sapebatz, que rolria esser fort Près de mi donx, sitôt s'a vas nu tort :

Cab bel somblan et ab doussa compaiRtia Me dauret gen so, que ara m'csiaicma.

Ar 'ai as«atx, que plor c que-m coop&ign», C'a pauc lo cors no.-M pan, qnan ni recOrl

Peire Rogier : «Eloigné d'elle, je suis encore son proche voisin; car l'amant ne quitte son amie que lorsque le cœur y consent. » III. 37.

Peyrol : « Nimporle où elle se trouve, mon cœur lui est toujours soumis; car fine amour nnit et enchaîne, même sous des cieux divers, deux cœurs brûlant l'un pour l'autre. » III. 275.

Bernard de Ventadour : « Toule fois que la brise embaumée vient de votre contrée, il me semble respirer parfum du paradis. » III. 84.

Le même : « Sachez que le plus agréable message qui puisse me venir d'elle, c'est ma propre pensée qui me retrace sa douce image. » III. 87.

Cette pensée est parfois rendue plus faiblement, comme n'étant qu'une simple intuition.

Bernard de Ventadour : « Lorsque mes yeux vous perdent de vue, sachez bien que mon cœur vous voit. » III. 66.

Ici se rattache une autre idée. La dame habite réellement le cœur de son amant; ce qui fait dire en badinant à Raimbaut d'Orange :

E mi soven dol ris c del déport

E dels plazers, qu*cla-m fetx e que-m dis.

A, cum fora gartlx, s'adoncs moris f

Oue quand li prcc, que de mimerce ill prenda,

Sol vciaire non fai, qu'ella m^entenda.

Non laissa rai, dompna, lo vers no us port,

Qu'en aisiii-m ten lo désirs en greu laigna,

Non pot esser, que ja plus sai remaigna

. Si be-m sui loing. . U$. D. 317. (Trad.J

« Ma dame, je vous contemple sans voile dans coeur (1). » III. te- 5

Un autre effet de l'amour, c'est uue timidité craintive mspirée par la supériorité trop éminente de la bien-aimée

2' ^ le P™ r °™™ au point de lui ôter la pensée et la parole ; cec. revient à tout propos dans la chanson d amour. v

GaucelmFaidit : « Il arrive mainfp* fn.c „. •» • e m , | . c maintes lois que j'ai ferme-

ment résolu d implorer votre merri- m a ;« : : x «nîr • i merci, mais je viens à vous

voir et n en ai plus souvenance (2). »

Peire Raimon de Toulouse : Bfélaal que ferais-je?n,oi qui u ose lu. adresser un reproche et suis muet dès que je 1 aperçois. » III. 125.

Elias de Barjols : « Q„and j'avise le gentil corp , avenant de ma dame, on me prendrait pour un mue». Elle do.t absoudre mon cœur, si la crainte m'empêche de lui «primer combien je lui suis fidèle, loyal, son amant en tous heu*, a tout jamais. Hélas I en cet instant, je n'en ai plus souvenance. » III. 353.

PonsdeCapdueil:«Cesecret,jevivraismillcansquejene Ielui d.raispas, si elle neconsentait àl'enlendre.xIH.267.

Bernard de Ventadour : « Quand je la vois, on peut demer à mon regard, à l'altération de mes traits décolorés,

viner

(J ) l'ons fa Cap.lupiï voyait sa dame en son ciput, avant do la Ans qu'ira la vis, la vcna lozemoncorcascundia. L g,

(i)Carm a im.e S axo s , n -a TP , g'obtolarais

Donna, us

F. p ici* «pian tno* cors vos vt>.

Molilii e non ni inrmb ransa.

• Al «emblantldrmies. . Ut.

(Trod )

que je tremble de frayeur comme la feuille sous le vent. »

mi?

Bertrand de Born : « Quand je contemple ses traits ravissants, je comprends qu'elle n'est pas ma dame; car elle B 1 pourrait choisir, si elle le voulait, la fleur des preux châtelains, ou des riches barons. 90. » III. 137.

„f*} Les vœux des amants sont aussi modestes que l'exige

bik la situation. La plupart n'ambitionnent qu'un doux regard

bienveillant, un mot favorable, la plus minime faveur; m p quelques-uns toutefois se permettent d'être plus exigeants.

^ PeireRogier : « Un de ses regards me rend heureux;

je n'obtiendrai rien de plus, je le sais bien ; mais je n'en suis pas moins reconnaissant de cette faveur. »917. III. 32.

Bernard de Ventadour : « Je suis son ami, son vassal et ^ ne lui requiers autre faveur qu'un regard de son œil si

t|| doux; car il me fait grand bien quand je souffre (1). »

Guillaume de St.-Didier : « Elle peut me rendre riche , u en m'accordant un des (ils de son gant ou le cheveu qui

£ tombe sur son manteau, » III. 300.

Guillaume de Cabestaing : Ah, quand viendra l'heure i de la récompense, cette heure où vous voudrez m'honorer

jusqu'à me donner le nom d'ami? III. 107.

Peyrol: «J'ai grand désir de lui ravir un baiser; si

(t) Mi dons soi hom et amicx e sernre,

Mas c'a sciai los siet» b ?lt oillz Tire, Que gran bc-m l'ai IVsfrart» quan soi irati.

• Pcr descobrrr. • M».

( ico )

elle s'irrite, je le lui rendrai volontiers (1), » V. 282.

Arnaul de Marueil : « Oh si je pouvais seulement être admis à son déshabillé du soir, qu elle m'impose alors le plus pénible service, je ne réclamerai autre récompense (2). » III. 211.

(2) A propos d'un baiser.toici un canson ,1c Peire Vidal. L'artiflcc de la rime sulUt à le recommandera nos lecteurs.

Mont m'es bon e bel, Qtinn vei de novel

Pero de bon sen Am debonlalen

l.a fuoilla e'I r.imel .

Amnr ejoren

E la fresca flur,

E chanlonl auzel

E tôt quant m'es bel :

f.'ab joi longamcn Vinercnovel.

Col froilI „,„,„,.

Son gainer amor. yuan chanlon l'auH-1 •

Amaire o druUsui eu : QuV mon ^ ^ ^ f ^

Mas tant sunl li maltraich gre.i. . Quc . m , çn m Vm çn

Ou'ieu n'ai sotertz longamen. Kt n ^ ^ ^ q „ Vu

C/un pane n'ai camjat mon s,n. N on srm ren> q , JMn , ja ^

f.'ora qneil! fos grieu, Ara-tn ten per sieu La penser son dieu F del mrillnr sen :

Car conoisben, qn'ieu L'nm de bon talen, Siqu'emonjoven E puois lonjramen Sertirai lo sien cors bel Gai et adreich et isnel A loi de Hn amador, 0»'a lot son cor enamor. A/*. f> 1«"

<2. Bernard de V.madour sollicite humblement la foreur de déchausser sa dame.

Mal o (ara, si no-m manda Venir lai on si despuoilla .

Qu'en sia por sa , l'resdel hYgjosta l'e E il trapa "Is solars ben A penoiliz et hmncliaju.

S'il plati «pic sos pes miti-ndo.

(Trad.jHs.D.VJ.

( ic» )

Mais l'amant doit étouffer ces téméraires désirs ; car c'est merveille comme ces traits si doux cachent un cœur cruel et inhumain.

Bernard de Ventadour : « Quand je contemple votre tant douce physionomie, votre bel œil énamouré, je ne puis m'étonner assez de votre cruauté.» III. 53.

Gaucelm Faidit : « Je m'étonne que là où se trouvent mérite, esprit, beauté, il n'y ait pas d'amour. » III. 289.

Aussi la moindre faveur excite-t-elle dans l'âme du poète les plus véhéments transports.

Peire Vidal : « Un simple cordon reçu de Raimbaude me rend plus riche que le roi Richard avec Poitiers, Tours et Angers. » III. 325.

Gaucelm Faidit : « Quand j'eus ravi doucement gentil baiser à ce col d'albâtre, je sentis un baume rafraîchissant tempérer l'ardeur qui me consume (t). »

Il est notoire que les poètes sont jaloux d'assurer à leur dame la palme du mérite et de la beauté; et cependant une peinture détaillée de leurs divins attraits est à peu près aussi rare dans leurs œuvres que les tableaux de la nature; voici un fragment d'une lettre d'Arnaut de Marueil :

« Votre chevelure saurc et chatoyante, votre front plus éclatant que le lys, votre œil vair dont le regard est un

i\) Can libawH •lmwam^n Son M roi blanc avinrn, Adonr frai* La <lom bais Mo inarrimcn.

• liens lora contra. » Ai.

sourire, ce nez droit et bien fait, ce teint aux fraîches couleurs, plus blanc et plus vermeil que les fleurs, cette bouche mignone, ces dénis plus blanches qu'argent émail lé, ce menton, ce col, ces formes blanches comme neige et fleur d'épine, ces belles mains, ces doigts effilés et délicats.. Ah! quand je me rappelle tant d'attraits, j'éprouve un tel transport que je ne sais plus où je vais, d'où je viens; et vraiment je m'étonne de pouvoir me soutenir, alors que mes traits se décolorent et que mon cœur défaillit (l). »

Les poètes emploient fréquemment des métaphores et des comparaisons quinlessenciées contenant un éloge qui, pour être démesuré» n'en est pas moins banal (2).

Peire Rogier : « Pour qui la contemple en face, la nuit se change en un jour radieux et attrayant.» III. 38.

Guillaume Ademar: «Celui qui en ferait l'éloge le plus exagéré ne saurait mentir; celui qui la blâme ne saurait dire la vérité. » III. 195.

Arnaud deMarueil : « Un pâtre qui vient du pays de ma dame, mérite plus de considération qu'un seigneur châtelain. » III. 226.

(i) La YOstra bella saura cris , Mémo , o gola e peitrina

E 1 Tosire fron pus blanc que Us, Blanca corn ncus e Gors

Los rostres huclbs vairs ol riseas, Las vostras bcllas blanca» mas.

E'I naz qu'es dreili e bo sezens E'Is vostrea detz grades e plas. . .

La Tassa fresea de colors Quan so m rcmctnbr "akor ni m dilr,

Blanca, vermelha pus que Hors. Adoncxrcmancsi esbailx

Peina boca , bellas dens No sai on vauc ni don mi Pus Idancas qu'esmerau argens.

Qu VI cor me Mb c la colors. III. 202- (2) Ratmon de Miraval dit fort sensément que louer sa dame plus qu'elle ne vaut c'est moquerie et rien autre chose.

Mas qui trop mais que no ral Lama si dons, fai parer

Qu'esquern» c non ren al. L. R. (TradJ

Raimondde Miraval: « L'homme qui a le moins d'usage du monde, s'il voit ma dame et la contemple, en la quittant est déjà instruit et formé aux belles manières (1). »

Bertran de Born : « La couronne impériale de Rome eût été honorée en ceignant votre tôte. » III. 138.

Uc de la Baccalaria ou de la Bachelerie : « Comment pourrais-je ne pas l'aimer , elle qui réunit tout ce qui distingue les autres femmes : esprit, beauté, gentil parler et rire enjoué, goût éclairé, savoir, connaissances. Oui, chère dame, je le reconnais, tout mérite est en vous (2). »

Guillem de Cabestaing : « Dieu en formant cette femme lui donna vraiment un reflet de sa beauté et voulut que la modestie vînt rehausser tant d'éclat. » III. 111.

Guiraudet-le-Roux : « Dieu mit un soin affectueux à parer votre corps des attraits qui l'embellissent. » III. 12.

Elle seule, l'incomparable, elle seule peut faire le bonheur du poète. Que lui importe honneurs, béatitudes, dispensés par une autre main.

Peyrol : « Je ne voudrais être ni roi, ni empereur, s'il me fallait renoncer à penser à elle. III. 273. »

Guiraut de Salignac : « Il n'y a ni roi, ni empereur,

(I) Lo plu* nescis hom del reiih Que-la veya ni remir Deuria tuer al partir Satris c de belh captenh. Ilf . 830.

(1; Ben dey atnar ses ncpuiia rallensa, Quar lot quant en en las autras devis Sens e beutali. gonl parlar c franc* ris.

Essenbatnens . saber c conoyssensa .

E lot «î quo qu a prêtât rerays s'asaya Vey qu'es eu rvs , boua douipnu e promu.

qui puisse s'estimer mon égal, si vous daignez, nobledame, m'être favorable. III. 395. »

Gaucelm Faidit : « Sans elle, je ne voudrais pas même être roi de France. III. 291. »

Guiilem de Cabestaing : « Qu'elle me donne seulement un des fils qui composent le tissu varié de sa robe , je m'estimerai plus fortuné que si une autre dame m'admettait dans sa closette. » III. 19.5.

Pistoleta : « J'aime mieux être votre esclave que maître d'une autre. » III. 228.

Daudcs de Prades : « Plutôt languir dans l'attente de sa merci, qu'accepter d'une autre ce qu'elle me dénie. »

ni. 4i4.

Non-seulement l'idole tant et tant invoquée est audessus de toute perfection terrestre ; non-seulement son auréole éclipse un diadème; mais les beautés divines ne sauraient lui être comparées. Aussi est-il plus important de se concilier ses bonnes grâces que les faveurs du ciel. Il ne faut pas prendre ces irrévérences trop à la lettre; elle sont toutefois un des traits les plus caractéristiques de la poésie romantique.

Pcire Ramon de Toulouse : « Si amour fait que ma dame m'entende, j'aurai plus que joie de paradis.» III. 121.

Arnaut de Marueil : « Si Dieu permet que j'obtienne son amour, un désert avec elle, tant je la désire, sera pour moi le paradis. » 111. 226.

Guiilem de Cabestaing : « Si j'avais la même foi, la même fidélité envers le ciel qu'envers ma dame, Dieu

m'admettrait assurément démon vivant en paradis (1). »

m. us.

\& Un certain Bertran, inconnu du reste, a surpassé de

bien loin les profanes exagérations de ses confrères; dans une tenson , composée concurremment avec Granet. Ce morceau est trop curieux pour ne pas en donner un extrait , bien que le sens en soit obscur et le texte incomplet (2).

Granet commence par demander pourquoi Bertran ne retire point son amour à une dame qui ne lui accorde pas la plus mince faveur. L'antéchrist, dit-on, a déjà établi son règne au-delà des mers et met à mort tous ceux qui refusent de se ranger sous ses loix. N'est-il pas bien temps, que Bertran, dans l'intérêt de son âme, renonce à son ingrate maîtresse?

» Ami Granet, répond Bertran, je me réjouis fort de la venue de l'antéchrist : il est si puissant qu'il pourrait transformer un bois grossier eu or pur; soyez donc assuré qu'il peut aussi changer le cœur de ma dame, si je consens à croire en lui et à me soumettre à ses commandements. Ce que je souhaite, c'est qu'il pénètre bientôt jus-

(1) Guillew de Saint-Didier dit qu'on se réjouira au jugement |demicr 4u succès de ses

Doble joi agra la eort gran Al jutjatnen, can lui serai.

On er saubut tôt so de sai, S'om ducs , que la plus preran.

Que fos tam quant en sui weni, Que-m fos d* bel* acuillimcnz Ben i agra mes mon chantar E via joU (al. oills) si 'I* li pogues douai . • Compagnon ab joi • M». D. 32t.

lj La pièce se trouve a l'appendice.

qu'en Sardaignc; car c'est lui qui doil mctlrc fin à mes tourments. »

Dans la strophe suivante, Granet, observe que vouloir posséder sa dame par violence, c'est tout à la fois pécher contre l'amour et encourir la perte de l'âme; mais l'obstiné Bertran a réponse à tout et reprend : « À quel homme pourrait-on faire un crime d'éviter la mort de tout son pouvoir? Vraiment, celle qui porte la couronne de beauté m'a placé à deux doigts de la tombe. Quel grand mal donc si je m'abandonne à l'antéchrist, qui peut me sauver. Si j'ai péché, si j'ai perdu la raison à cause de cette inhumaine beauté, le ciel commettrait une injustice en me refusant mon pardon. »

Si malgré ces éloges sans fin, cette fidélité à toute épreuve, l'incomparable reste inflexible, le troubadour, comprenant enfin qu'il prodigue ses chants et ses hommages à une ingrate , se décide à une rupture. Mais prêt à faire ce dernier pas, prêt à briser cette chaîne dorée, il ne peut s'y résoudre (1).

(I, Peirol : Hc per autrui no i l mon D'aiso, qu>« plus dexiro, Ni ieu eus, tan la blan, Rc no l'en atuc dire.

Ans quan li soi denan Muintas vetz quan s'esebai Die : dona, que (Hrai ?

No-m rcspon mas giiaban.

Las ! corn muer deziran Sos hom e sos scrvjre, Qu'ici! scria colan;

E jur per mal talati.

Que tôt m'en pâlirai:

Fucis aqui eus truep lai Blon cor, on era antan.

flambant de Vaquciras, chevalier»poète, l'estime à sa propre râleur. — Sans amour on pe ut acquérir honneur et vivre en liesse, si l'on se garde du mal et qu'on fasse effort vers le bien... S'il perd dame et amour, il no veut perdre mérite et renommée et encourir double dam. Qu'elle ne mette trop haut prii à sos aurait.*, à son sourire, son miroir lui fait cotrevoire rubis et cristal, les plus nobles lui prodiguent louanges, qu'elle ne s'imagine pourtant étro servie en pure perte. Ici le troubadour s'affermit dans ses bonnes résolutions ; il «

Bernard de Ventadour : « Je voudrais la quilter, c'est vaioemenl; l'amour me retient dans ses chaînes. » 111. 47.

Folquet de Marseille : « Fatigué des morsures de l'envie, parfois je ne goûte plus le charme d'aimer; mais la puissance de l'amour me retient sous ses lois. » III. 151 .

Enûn le sort en est jeté; le vassal renonce à l'hommage; mais le langage de cet amant déçu est presque toujours digne et mesuré.

Cadenet : « Bien longtemps j'ai servi l'amour avec une huinhle loyauté ; j'accomplissais de mon mieux ses commandements; malgré douleurs et souffrances, je ne cessais d'aimer dans la sincérité de mon cœur. Aujourd'hui j'ai reconnu que ma dame s'est fait un jouet de ma tendresse; mes sentiments ont changé. » III. 2i5.

Mais Folquet de Marseille ne ménage pas les termes : « L'on peut admirer de loin une laide peinture , mais de près l'illusion cesse. Ainsi je vous estimais ; c'était faute de vous connaître. » III. 15t.

Est-ce la mort qui vient dissoudre celle union si douce? le fidèle chanteur rassemble alors toute la puissance de son talent et sait atteindre au ton solennel du panégyrique. Le ciel a ravi à la terre la couronne des verlus et de la beauté; la terre qui éclipsait naguère les splendeurs du séjour des anges, n'est plus qu'un froid désert.

Pons de Capdueil : « Sachez que les anges se sont ré-

l.i chercher. Amour pour amour, tinoo qu'elle prenne un aulre adorateur. Nom l'amant se réveille... .El cependant Flotis ne prit congé plus douloureux .Je UîancaOoi. que moi, ma «lame, si me dépari de vous. {Voir appendice.)

jouis de sa mort; nous le savons et l'Écriture le dit : Celui que loue la voix du peuple est loué du Seigneur. Elle habite, je le sais bien, le riche palais au milieu des lys, des roses et des glaïeuls. Celle qui fut toujours le pur organe de la vérité doit trôner sur toute autre, dans le paradis. » III. 190.

La complainte sur la perte d'une amante , présente la même ordonnance que la complainte politique. Il règne dans ces deux genres de pièces une verve, uu clan poétique qui les mettent au nombre des meilleures productions de la littérature provençale.

Nous rattachons à la catégorie des chansons d'amour la romance et la chanson religieuse.

Déduction faite des aubades, des nombreuses pastourelles, qui ont adopté la forme narrative, la romance proprement dite ne se rencontre que très - rarement. Nous y signalerons, comme un trait particulier, l'exposition subjective : en d'autres termes, le poète se produit lui-même eu scène, sinon comme acteur, du moins comme spectateur; il en est de môme dans la nouvelle. Pour faire saisirl'esprit de la romance, nous en offrirons une de Marcabrun; elle nous dépeint une de ces atteintesdouloureuses dont la croisade frappait la paisible félicité des amants. III. 375.

« A la fontaine du verger, où Tonde ruisselle sur un gravier bordé d'un vert gazon, à l'ombre d'un arbre fruitier, gracieusement paré de blanches fleurs, et qu'anime constamment le chant de l'oiseau, je trouvais assise et solitaire celle qui me dénie soulas.

» C'était demoiselle au corps gent, fille d'un seigneur

châtelain. J'ai cru qu'elle se réjouissait du chant de l'oiseau, de la tendre verdure dont se pare la douce saison nouvelle; cuidais qu'elle entendait mon salut, mais soudain je reconnus qu'il en était tout autrement.

« Les larmes de ses yeux se mêlaient à Tonde de la fontaine; son cœur s'exhalait en soupirs : « ô Jésus, disaitelle, roi du monde; c'est vous qui m'envoyez telles douleurs et m'humiliez à ce point; car c'est pour vous servir que départent les meilleurs de ce monde, mais cela vous plaît.

A vous s'en va mon hel et gent ami, mon nohle et preux chevalier; il ne me reste que profonde détresse, le désirer souvent et des pleurs. Ah! maudit soit le roi Louis dont l'appel entraine nos preux et fait pénétrer le deuil en mon cœur. »

Et moi entendant sa plainte, je la joignis au bord du clair ruisseau. « Gente amie, luidis-je, des pleurs trop amers flétriraient vos attraits et vos belles couleurs; et pourquoi tant vous désespérer? celui qui fait refleurir le bocage peut vous rendre le bonheur.

«Seigneur, répondit-elle, je veux bien croire que Dieu aura merci de moi à tout jamais dans l'autre vie ; car il pardonne à bien d'autres pécheurs ; mais il m'enlève ma joie et mon bonheur. Oh! celui qui peut s'éloigner ainsi ne tenait guère à moi. »

La chanson religieuse ne semblerait chez les troubadours qu'un genre secondaire; et défait son mérite intrinsèque n'est pas de nature à justifier d'une autre prétention. On pourrait citer, toutefois deux cansons qui soutiennent le parallèleavec les meilleureschansons d'église. Les poètes

Je la langue occilanienne De négligèrent pas absolument la poésie religieuse didactique ou narrative , mais ils n'attribuèrent pas une forme spéciale à ce genre de chansons; et de là vient sans doute que notre héritage est aussi borné. D'ailleurs ces ascétiques productions manquaient d'encouragements; l'Église ne pouvait en faire usage; et la société mondaine ne se souciait guère de les entendre; partant elles se trouvaient réduites à l'étroite cellule. Aussi appartiennent - elles d'ordinaire aux dernières années d'une vie qui souvent s'achevait dans un cloître.

Nous ne citons que pour mémoire la lettre d'amour; car à l'exception de la forme, elle reproduit trait pour trait la chanson. C'est un des fleurons de la couronne d'Arnaut de Mareuil.

( ni )

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