LE MOINE DE MONTA UDON
Nous ignorons le véritable nom de ce singulier personnage, aussi remarquable par son humeur excentrique que par son cynisme; nous savons seulement qu'il naquit de parents nobles, à Vie en Auvergne. Ayant pris l'habit monastique dans l'abbaye d'Orlac, il devint prieur deMontaudon; et «omme tel sa grande occupation était de
poétiser, de brocher sur la chronique scandaleuse de la banlieue ; et ses satiriques chansons avaient un tel retentissement que les barons de la contrée cherchaient à l'attirer dans leurs cercles et le pressaient de quitter son prieuré. Le moine se prit donc à mener la joyeuser vie nomade; recueillant ample moisson dont il gratifiait au surplus son monastère. Cela durait depuis quelquetemps, lorsqu'il s'en vint trouver l'abbé d'Orlac, sollicitant l'autorisation de se rendre à la cour d'Alphonse d'Aragon, et d'y vivre selon le bon plaisir de ce prince, ce qui lui fut accordé. Les prescriptions royales furent de poétiser et déjouer l'amoureux. Nous avons vu que le moine présida , jusqu'à sa dissolution , le Puy-Sainte-Marie (i). On le nomma, par la suite, au prieuré de Villefranche, en Esgagne, qu'il sut améliorer et enrichir par ses moyens ordinaires, c'est-à-dire par ses chansons, et il y termina sa carrière. Telle fut, selon les biographies, cette existence peu ordinaire et dont le récit soulèverait plus d'un doute, s'il n'était en tout point confirmé par les dires mêmes du poète. Eu égard à l'époque qu'il convient de lui assigner, nous avons, croyons-nous, recliGé l'erreur de nos devanciers (2).
Le sarcasme, la saillie, étaient le vrai domaine du moine; son tribut à la beauté, sescansons traités avec art sont marqués à l'empreinte d'un adorateur exclusivement spirituel. La comparaison est son trope favori et lui sert à entrer en matière. Ses compositions satyriques sont originales, mais fortement entachées de cynisme. Il faut citer en tête la satire contre les troubadours contempo-
(I) V. p. 3i de col omnge.
rains qui comptait un précédent dans celle de Peirc , d'Auvergne. La date serait importante à fixer; et comme à propos de Folquet de Marseille, il n'est question ni de son entrée au couvent ni de sa carrière politique, nous pensons qu'elle a dû être écrite entre 1140 et 1200. On doit s'y attendre , il s'agit beaucoup moins ici d'appréciations esthétiques, que d'odieuses personnalités. Ailleurs le troubadour nous énumère (V, 264-266) ce qui dans ce bas monde n'a pas l'heur de lui plaire, c'est à savoir : un moine barbu , un mari qui aime trop sa femme, un petit morceau de viande dans un grand plat, beaucoup d'eau dans un peu de vin. Que si vous lui demandez ce qu'il aime, il répond (III, 451) : joyeux déduits, fine plaisanterie, sommeil durant la tempête, une place en été au bord de la fontaine , la verdure des prés . le chant des oiseaux , gente compagne au bras et autres passetemps peu cénobitiques. Deux tensons s'attaquent au rouge des femmes; la cause est portée au tribunal de Notre Seigneur. Les moines demandeurs accusent le sexe de s'être approprié la peinture , invention monacale , et de faire pâlir les ex-voto, par l'enluminure pourprée de leurs joues. Les femmes défenderesses soutiennent être en possession de la peinture bien antérieurement aux ex-voto, et l'une d'elles dit qu'elle ne voit pas ce que perdraient les moines, si elle a réussi à dissimuler les rides au-dessous des yeux. Notre Seigneur intervient et somme les moines d'accorder aux femmes qui n'ont passé le quart de siècle, trente ans pour se farder. Les moines résistent et finissent par concéder dix ans , à condition qu'on les laissera en paix. Saint Laurent et saint Pierre présentent un amendement, chaque partie se désiste de cinq ans, et Ton con-
vient de quinze. Mais, remarque le poète, la convention ne tarda pas à être transgressée. Les dames, s'empâtant de rouge et de blanc , emploient à cet effet un mélange de mercure , de couleurs , de lait de jument et d'une sorte de fèves qui sert de nourriture aux moines valétudinaires; à rassembler tous leurs onguents, on en aurait bien trois cents boîtes. Certes , saint Pierre et saint Laurent n'entendaient comprendre les vieilles qui ont dents plus longues que celles de verrat. Le safran est tellement enchéri qu'on s'en plaint en Terre-Sainte. Qu'elles prennent donc les armes et passent la mer, pour reconquérir ce produit. Dans l'autre pièce : Dieu somme les femmes de renoncer au fard. Impossible, objecte le moine, car c'est dans leur nature; le seul moyen serait de leur conserver leur beauté jusqu'à trépas : le reste est intraduisible.
Une pièce où saint Julien , patron des voyageurs , se plaint à Dieu de la décadence de l'hospitalité , est assez curieuse, parce qu'elle indique le plus ou moins d'accueil que recevaient les troubadours dans les différentes parties du domaine territorial de la langue occitanienne.
ARNÀUT DANIEL (env. 1180-1200). Diez, 344-361.
Gentilhomme de Riberac en Périgord , Arnaut s'était d'abord enrôlé dans les savants , ce qui n'était mauvais noviciat; aussi ses productions sont-elles semées de fleurs mythologiques qui n'étaient pas le faire de tout poète occitanien. Doué d'une constance à l'épreuve, il soupira plusieurs années pour une noble gasconne , femme de Guillaume deBourville; mais, comme dit Ramon Vidal de Bézaudun : a un fidèle serviteur de l'amour finit toujours
par obtenir sa récompense, que si l'une la lui dénie, l'autre l'en dédommage (1) ». Dame Audierna de Monlrlar réalisa l'axiome en faveur d' Arnaut. Au dire de Benvenuto d'Imola , (contemporain de Bouccoue), la vieillesse trouva notre troubadour dans une position nécessiteuse; par uj dernier effort, il fit appel par un canson à la générosité des rois de France , d'Angleterre et autres princes d'Occident. Le messager étant revenu avec une copieuse recette: « Je vois à présent, s'écria Arnaut, que Dieu ne veut pas m'abandonner ; «aussitôt dit , il entra dans un monastère , endossa l'habit et mena la vie la plus édifiante.
Arnaut Daniel s'était lancé à corps perdu dans le3 subtilités de la diction obscure. Locutions énigmatiques , néologismes, jeux de mots torturés, constructions sinueuses , allitérations outrées, rimes ardues , vers monosyllabiques , tels étaient les finesses et les arcanes d'un genre cultivé déjà parMarcabrun et Rambaut d'Orange , mais qui encourait à juste litre le veto de la majorité des poètes. Et voici que le Dante (Purg. XVI ) proclame notre troubadour un forgeron linguiste accompli et taxe de folie ceux qui le pensent vaincu par le Limousin, c'est-à-dire par Guiraut de Borneil, réputé le maître des troubadours. L'accent passionné du panégyriste prouverait déjà que l'opinion contemporaine n'était pas de son avis. Mais Pétrarque, à son tour, surnomme Arnaut : il grande maestro iVamore et lui emprunte des allusions et des comparaisons. A la vérité, les chansons d'Arnaut offrent des maximes dénotant jusqu'à un certain point une connaissance approfondie de l'érolique , mais tout cela n'ex-
(I) >*..}« l'appcn.ii. c tics COIVI «l'amour.
plique pas l'enthousiasme des deux poètes italiens, il faut chercher ailleurs.
Àrnaut semblerait avoir professé l'opinion que la nature du sujet doit déterminer la nature de la diction poétique, a II composerait, dit-il, maintes chansons simples et légères, si sa dame lui était secourable. » Celte manière de voir ferait augurer favorablement de ses compositions narratives , car la simplicité métrique , inhérente au genre , écartait nécessairement le faire amphigourique et quintessencié habituel à notre poète. Le temps ne nous a pas conservé les romans de ce troubadour ; mais là, croyons-nous, gît le secret d'une réputation qui a prévalu jusqu'au temps du Tasse.
GAUCELM FÀ1DIT, ( 1190-1240 ). Diez 361-378.
Cet éminent chansonnier était né de simples bourgeois, à Urzeche , bourg du Limousin. Le tableau de ses premières années, à le supposer véridique , ne lui ferait pas grand honneur. Adonné aux plaisirs de la table, dissolu, joueur, ne possédant, grâce aux dés, ni sou ni maille, il eut recours à la jonglerie; mais chanteur terrible et barbare , il végéta vingt années durant, sans réussira faire sensation dans le monde littéraire de l'époque. A la vérité , il voyageait de conserve avec sa moitié, Guillelma Monja , avenante et spirituelle patronne , mais dont la réputation équivoque servait de but aux quolibets des poètes contemporains. Telle compagnie était par trop mauvaise recommandation; notre Gaucelm finit par le comprendre et avisa à porter ses regards plus haut.
La comtesse Marie de Ventadour, de la maison de Turenne, fille de Boson II et femme d'Ebles IV, beauté cé-
lèbre , échangeant des tensons avec les troubadours , et souvent choisie pour arbitre dans les questions amoureuses, tel fut le choix de Gaucelm ; et l'hommage rarement dédaigné par les nobles châtelaines, fut agréé aux conditions ordinaires d'inviolable respect et de modestes prétentions. De fait, le pauvre amant tour-à-tour encouragé , rebuté , semble décrire autour de son astre un orbite elliptique à l'instar des comètes qui ne fuient le soleil que pour s'en rapprocher davantage. Nombre de cansons aussi délicatement pensés qu'habilement tournés, nous dépeignent les charmes ravissants de Marie, l'ivresse qu'en éprouve le poète, l'ineflabililé de ce doux regard dont il a soif insatiable ; néanmoins, la première période de ce servage d'abnégation dura tant et tant que Gaucelm, à bout de constance , déclara un beau jour qu'il fallait opter entre rémunérer son servant ou le perdre.
La comtesse redoutant en cas de rupture la représaille des épigrammes, prit conseil d'une sienne amie, Audiart de Malamort , qui se chargea de la tirer d'embarras. Gaucelm reçut donc un message ainsi conçu : « Petit oiseau dans la main vaut mieux qu'une grue dans la nue »• La conséquence de l'aphorisme fut une entrevue durant laquelle Audiart, gente dame et bien emparlée , fascina tellement son interlocuteur qu'il jura de renoncer à Marie, et de ne soupirer désormais que pour sa belle consolatrice; en foi de quoi il lança un manifeste rimé , interprète de ses nouveaux sentiments. Tout alla bien d'abord , mais à des sollicitations par trop pressantes, Audiart répondit tranquillement que l'amour était resté étranger à sa démarche , qu'elle n'avait eu d'autre but que de le guérir d'un vain espoir, d'une déception de dix-sept années. Les
déprécations , les reproches n'y faisant rien, Gaucelm comprit qu'on l'avait joué, et le cœur ulcéré, s'en fut implorer à merci sa première dame.
A quelque temps delà, mourut son protecteur Richard- Cœur-de-Lion , paya un poétique tribut à sa mémoire (IV. 5V) et sous la double impression des rigueurs de sa dame et de la perte de son royal ami, se retira en Italie auprès du marquis Boniface de Montferrat. Mais qu'étaient les bontés de ce prince , qu'étaient les délices de ce séjour auprès de l'absence de Marie ? L'astre de Vcntadour projetait ses rayons jusqu'aux lointaines vallées de la Lorabardic. Gaucelm, irrésistiblement entraîné, promet un prompt retour à Montferrat et vole se jeter aux pieds de la comtesse , mais elle demeure inflexible.
Sur ces entrefaites (1201 ) , le marquis de Montferrat prend le commandement de la croisade ; Gaucelm marchera sous sa bannière et n'y met qu'une condition : le pardon de Marie. Comment résister (IV, 96.)? Aussi dans un sirventes plein de feu qui n'épargne pas les vérités à Philippe-Auguste, proclame-t-il la résolution decombaltre en l'honneur de Dieu. II ne se presse pas, on en comprend le motif ; il écrit au marquis qu'il le rejoindra bientôt, mais que de douces chaînes le retiennent trop étroitement; il fait appel aux autres (IV, 50), enfin le voilà parti. Ses causons d'oulre-mer respirent la même inextinguible passion (III, 282-287.). Nous savons qu'il revint en France et sans doute aux pieds de son idole. Au surplus , tout constant qu'il était, Gaucelm noua une autre intrigue, ou plutôt se laissa prendreà un autre leurre. Marguerite, comtesse d'Aubusson , l'attacha à son char
dans l'unique but d'obtenir des éloges , car elle entretenait de tendres relations avec Hugo de la Sygne , plus tard (1208) comte de la Marche. Ayant à déjouer la jalousie maritale , elle entreprit un soi-disant pèlerinage à Roquemadour et s 'en alla passer deux jours dans la maison de Gaucelm en son absence. Qui fut pétrifié au retour? ce fut le poète. Pour toute consolation, il put rimer un sirvenlcs (111,292.) contre la perfide et s'écrier : « Qu'il y a loin d'elle a Marie ! » Nous avons de Gaucelm Faidit plus de soixante chansons.
RAIMON DE MIRAVAL (cnv. 1 190-1220),Diez, 379-396*.
La vie de ce chevalier-poète , profondément versé dans l'érotique et néanmoins incessamment victimé par le beau-sexe , compterait parmi les contes faits à plaisir, si l'authenticité ne résultait d'irrécusables témoignages.
Pauvre chevalier des environs de Carcassonne, il possédait, lui, quatrième, le château de Miraval; mais un autre trésor, son talent, assurait son existence et lui valut notamment les bonnes grâces du comte Raimon VI, de Toulouse. L'héroïne de ses premières amours fut la dame de Cabaret, celte Loba de Penaulier qui fit jouer à Peire Vidal, le rôle de messire loup. Elle était en possession de captiver les illustrations contemporaines ; car on comptait simultanément : Raimon Roger , comte de Foix; le baron Olivier de Seissac ; Aimeric, seigneur de Montrial, Peire Rogier de Mirepoix : Miraval ne pouvait entrer en ligne avec de tels rivaux. Mais aux yeux de Loba, il avait le mérite deservir de porte-voixà sa renommée; aussi lui prodiguait-on caresses et belles paroles, coquetterie d'autant plus daninable que le comte de
Foix était le seul prétendant aimé et favorisé. Raimon triomphait , et grande fut sa déconvenue lorsque l'intrigue vint à se découvrir; soit dit en passant, c'était un coup mortel à la réputation de Loba, car disent les manuscrits : « Femme qui s'oublie en de sérieuses amours avec un grand seigneur, est femme morte. » Peire Vidal, autre aspirant désarçonné, ne perdit pas l'occasion d'exercer sa méchante langue. Raimon, mieux avisé, se porta en toute occasion le champion de la dame, et cette dernière, ravie de trouver un défenseur, se rendit à discrétion ; le troubadour tira parti de cette bonne fortune, puis rompit publiquement et passa au service de la vicomtesse de Minerve (diocèse de Narbonne), à laquelle il avait fait des avances. Tel est le récit des manuscrits , non confirmé toutefois par tes chansons du poète.
Bientôt après , nous le voyons soupirer pour Adalasie, la jeune et belle épouse de Bernarlde Roisseson, seigneur du château de Lombers, en Albigeois. Cette autre déesse n'aspirait également qu'à l'encens poétique, et Raimon, trop oublieux du passé (P. O. 233), crut avoir trouvé une perle de fidélité dont il ne pouvait faire sonner trop haut le mérite. Ce concert incessant d'éloges stimula maints nobles seigneurs à tenter si précieuse conquête. Levicomte de Béziers, le comte de Toulouse, se mirent sur les rangs. Peire II d'Aragon , prince des plus chevaleresques, se laissa même entraîner (P. O. 227) par l'inconsidéré Miraval, à visiter Adalasie. Ses beaux yeux firent leur effet coulumier, et vingt-quatre heures suffirent pour amener le triomphe du royal prétendant, Miraval, couvert de confusion et la rage au cœur, dut battre en retraite.
Mais l'oisiveté en amour n'était pas son fait. Erniengarde de Castres , communément appelée la belle albigeoise, lui fit faire des propositions de dédommagement. Leurrer notre homme était chose facile , il se laissa dire, accomplit son noviciat puis sollicita rémunération. Ermengarde, qui aimait en secret Olivier de Seissac, déclara ne pouvoir se résigner au rôle de maîtresse, mais être prête à devenir sa femme; ainsi il n'avait qu'à répudier la sienne. Raimon ne se sent plus de joie, gagne en toute hâte Miraval, et signifie à sa moitié , laquelle s'entendait également à poétiser, de retourner chez ses parents: « parce que, disait-il, c'est assez d'un troubadour sous un même toit, et qu'il n'a que faire d'une femme poète. » Gaudairenca , d'un air fort contrit, demande la permission d'avertir sa famille, fait dire à son amant, Peire Brémon, de venir la chercher et qu'elle l'épousera; Brémon arrive avec toute une suite de chevaliers : Hâtonsnous, dit l'épouse, voici que mes amis me viennent quérir. » L'époux par politesse, la conduit jusqu'au perron , mais au moment de mettre le pied à l étrier, un court exposé lut révèle toute la vérité : « Quêtons-nous bons amis, — soit, dit Miraval; » il serre la main de Brémon , lequel glisse l'anneau au doigt de sa fiancée; puis au galop. Miraval galoppc de son côté vers Ermengarde, « voilà qui est au mieux, retournez chez vous et préparez la noce. » Le même soir elle se fiançait à Olivier de Seissac, dans son propre château. Cette fois, Miraval pensa devenir fou ; le transport au cerveau lui dura deux ans, il était la fable de la contrée. Les poètes et notamment Uc de Malaplan et Peire Duran (P. O. 288), lui couraient sus. Croirait-on que le troubadour se décida
à cingler encore sur l'océan perûde. L'invitation vint de Brunessinde, femme de Peire Rogier, châtelain de Cabaret (P.O. 231), mais nous ignorons l'issue de cette nouvelle campagne, qui dut être la dernière, car le beau ciel de Carcassonne vint tout-à-coup à s'obscurcir, présage de celle tempête albigeoise qui devait y étouffer pour longtemps les ris et les amours. Simon de Montfort enleva le château de Miraval , et Raimon se relira auprès de son protecteur, le comte de Toulouse, que la tourmente atteignit à son tour (1211). A la vérité, Peire d'Aragon lui porta secours ; le parti du comte reprit courage; le poète rêvait (P. O. 229) le recouvrement de son manoir et de nouvelles aventures; mais la bataille de Muret (1213) ruina ses espérances. Que devint-il? Les biographes le font mourir à Lérida ; une tenson r erait supposer qu'il vivait encore entre 121 6 et 1213 , car il y est question du siège de Beaucaire (1216) , mais nullement du trépas de Simon de Montfort (1218.)
Nous possédons environs 48 chansons et une lettre qur diffère de la forme ordinaire; toutes les productions de Raimon de Miraval sont inévitablement marquées au cachet d'une poésie d'esprit; elles sont intuitives, elles sont analytiques, mais pauvres d'inspirations; le poète ne s'émeut guère, néglige même l'ornementation si facile des tournures et images nouvelles. Ce qu'il entend mieux, c'est l'enchaînement des parties; aussi, chaque pièce forme-t-elle un tout assez complet.