‹ La poésie devant la BibleChapitre 111 sur 120 · COMÉDIE ESPAGNOLE EN TROIS JOURNÉES · texte numérisé non relu

COMÉDIE ESPAGNOLE EN TROIS JOURNÉES

par PEDRO CALDÉRON DE LA BARCA.

Autant la noble simplicité d'un plan élégamment et sobrement orné par son auteur plaît en France ; autant, du temps de Caldéron, réussissait en Espagne Y Imbroglio. Il fallait à ce public des intrigues compliquées, des incidents nombreux, une réduplication de coups de théâtre. Or, comment croiser tant de fils, serrer tant de nœuds, si l'on ne met l'amour en jeu? C'est là sans doute ce qui a amené Caldéron à mêler au sujet sévère de Judas Machabée quatre ou cinq intrigues amoureuses* à en faire le fond du drame , et à transformer les Machabées tantôt en fiers-à-bras et tantôt en damerets.

C'est pour le coup que Racine eût dit que cette comédie était un sacrilège.

Mathalhias a trois fils, Judas, Siméon, Jonathan (il en a cinq dans l'histoire ) ; Zarès, leur cousine, est amoureuse de Judas, à qui elle le déclare dans une tirade passionnée. Judas ne répond que par un Dieu vous garde, Zarès! A leur tour Siméon et Jonathan

sont amoureux de Zarès et leur amour est reçu avec la plus froide indifférence. En général dans cette pièce on entend ce refrain éternel : Je suis à lui et il n'est pas à moi; je ne suis pas à lui et il est à moi.

Cependant les deux camps des Hébreux et des Assyriens sont en présence. Judas envoie à Lysias, chef des Assyriens, des propositions de paix ou plutôt une sommation de se rendre. Lysias est en conversation avec la belle Cloriquée dont il est épris. Pour donner une idée du genre de Galdéron, nous placerons ici cette scène de l'ambassade, où règne la morgue espagnole :

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