‹ La poésie devant la BibleChapitre 25 sur 120 · LE DÉLUGE · texte numérisé non relu

LE DÉLUGE

par TURQUETY

Dans cette pièce, comme dans celle de la Chute de Satan, du même auteur, nous avons à louer le rhythme et le mouvement :

L'Océan pousse un cri.

Se dresse, et comme un roi qui court à ses conquêtes, Il marche en secouant ses vagues toutes prêtes,

Le long du sol meurtri.

II marche, et le sol gronde, Et la terre qu'il foule halète sous son poids ;

Les rochers et les bois

S'enfoncent dans son onde;

Il absorbe à lui seul Les plus lointaines eaux des plus vastes contrées;

Il couvre d'un linceul

Les villes dévorées, Il marche, et les débris entassés sur son dos.

Feraient craindre un nouveau chaos.

Il marche, et l'on ne sait, à voir sa force immense, De quel abîme obscur ce vainqueur en démence,

Arrache tant de flots.

Les vagues et les pluies Se heurtent dans son sein gonflé de toutes parts. Il fouille et fait jaillir les ossements épars,

Des cités enfouies.

Les peuples de la terre, éperdus, vagabonds, Se cramponnent en vain sur la croupe des monts.

L'Océan qui s'élève,

L'Océan les enlève,

Les brise en quelques bonds.

Les voilà balayés, broyés par la tempête. Un homme, un homme seul, redresse encor la tèle, Raidit encor les bras, lutte et parvient au faîle

D'un pic large et puissant.

Mais l'onde, en rugissant,

Le suit de crête en crête.

Elle arrive ; elle atteint jusaue sur la hauteur,

Cette chair froide cl pale.

Il tombe; un dernier flot étouffe un dernier râle,

Et l'humanité meurt.

L'Océan ainsi animé par le poëte et poursuivant le dernier fugitif, offre une belle image; mais l'humanité meurt donne une fausse idée de la catastrophe.

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