APRÈS LE PASSAGE DE LA MER ROUGE
par M. LEFRANC DE POMP1GNAN
Les premières strophes sont mauvaises. La Harpe a loué et cité les deux suivantes qui ont plus de mouvement que le reste :
La mer, alors, la mer qui baigne leur empire,
De toute part les investit.
Son propre roi qu'elle engloutit, Disparaît dans l'abime où sa fureur expire. J'ai vu chefs et soldats, coursiers, armes, drapeaux,
Au bruit des vents et du tonnerre,
Comme le métal ou la pierre, Tomber, s'ensevelir dans le gouffre des eaux.
Ta droite a signalé ta force inépuisable, Seigneur, où sont ces rois, contre ta loi durable
Follement conjurés?
De leur impiété, quel sera le salaire?
Je les cherche. Où sont-ils? Le feu de ta colère
Les a tous dévorés.
La strophe suivante renferme un contre-sens.
Ton souffle impétueux a soulevé les ondes, Il ouvre, de la mer, les entrailles profondes
De l'un à l'autre bord.
Soudain les flots durcis au milieu des abîmes,
Forment l'affreux chemin qui conduit tes victimes Aux portes de la mort.
Ce ne sont pas les flots durcis, ce sont, au contraire, les (lots amollis, qui ont fait la perte de Pharaon. La dernière strophe est très-fidèle.
Pharaon, sur son char, est entré dans la mer, Il portait dans ses mains et la flamme et le fer. Tout un peuple a suivi ce monarque inflexible. Il s'avance. Dieu tonne, et dans leur choc horrible, Les Ilots se sont rejoints sur ce peuple cruel. Mais ils sont devenus une plaine solide,
Sous la inarche rapide
Des enfants d'Israël.