‹ La poésie devant la BibleChapitre 53 sur 120 · LA FILLE DE JEPHTÉ · texte numérisé non relu

LA FILLE DE JEPHTÉ

Puisque de mon pays l'intérêt le demande, Je ferai volontiers ce que Dieu me commande. Pour acquitter ton vœu, mourir me sera doux; Je découvre mon sein et je l'offre à les coups.

Mon deuil, il est passé. La voix de la nature, Ne fera plus entendre un importun murmure. Lève sur moi ta main, elle m'est chère encor, Et le sera toujours, même en donnant la mort.

Ce sang que tu donnas, tu le reprends, mon père. Ecoute, en me frappant, ma dernière prière. Sans crainte bénis-moi, sois bien sûr que mon cœur N'a jamais démenti sa première candeur.

J'assure à ma patrie une noble victoire, Jérusalem est libre et j'ai part à sa gloire.

Cessez, mes sœurs, cessez de pousser des sanglots, En mourant pour Jephté j'affranchis un héros.

Mon sang va donc couler, ma voix va donc s'éteindre; Si du sort qui m'attend j'ai su ne pas me plaindre, Dans les jours d'avenir Jephté n'oubliera pas Que j'accepte la mort et souris au trépas (1).

(1) Traduction inédite.

Page 1