‹ La poésie devant la BibleChapitre 73 sur 120 · A LA MÉMOIRE DE SÀUL ET DE JONATHAS · texte numérisé non relu

A LA MÉMOIRE DE SÀUL ET DE JONATHAS

M. Mollevaut a mieux réussi, en général, dans les chants sacrés proprement dits, que dans les récits de l'Écriture. Les récits, il en altère souvent la simplicité et la vérité ; mais il s'élève plus facilement à la hauteur des Psaumes. Il en a donné un nouvel exemple dans le chant funèbre de David. Quelques taches le déparent; mais, en général, il est écrit de verve. Cependant, le premier trait y manque; on ne sait pourquoi M. Mollevaut l'a supprimé , il n'a pas rendu ce début :

« Israël, les braves ont été tués sur les montagnes. Comment les forts sont-ils tombés? N'allez pas l'an-

noncerdans Gclboë, ne le publiez pas dans lesplaecs d'Ascalon, de peur que les filles des circoncis ne tressaillent de joie. »

La première strophe de M. Mollevaut est belle :

Coteaux de Gelboë, puisse à ta haute cime, Puisse l'onde tarir sous un ciel brûlant! Puisse expirer la fraîcheur qui t'anime Et l'avare semence avorter à ton flanc ! Sur toi fut assailli notre roi magnanime, Sur toi s'est fracassé son casque étincelant, Et tu portes l'empreinte, ô détestable crime !

De ce front tout sanglant Que Dieu même a marqué de son sceau légitime.

C'est bien là le sens et la vigueur du texte original. Les autres strophes sont inférieures, sans être cependant indignes d'éloges.

LA DAVIDEIDE

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