‹ La poésie devant la BibleChapitre 75 sur 120 · MOLLEVAUT, DRAYTON · texte numérisé non relu

MOLLEVAUT, DRAYTON

Ije Combat de David et de Goliath est un des chants sacrés de Mollevaut ; mais l'auteur ne l'a pas suffisamment soigné ; on y trouve une grande impropriété d'expressions et des inadvertances : par exemple, Goliath annonce à David les coups de sa lance, et il lui envoie une flèche. L'Écriture ne dit pas que

le géant fût armé d'un arc, mais seulement de la lance et de Uépée.

Dans le David et Goliath de Drayton, publié en 1631, nous rencontrons l'enflure et l'exagération que nous avons déjà remarquées dans sa pièce du Déluge. Ce sont les défauts les plus contraires à l'antique simplicité de la Bible. Drayton décrit ridiculement la beauté de David : « Les abeilles et les guêpes sont trompées par son teint de lis et de roses, et quand elles voient leur erreur, reposent leurs yeux sur lui Les insectes qui s'attachent à ses moutons sont si charmés de la beauté de ses yeux, qu'ils oublient leurs ravages et qu'ils épargnent le troupeau, prêts à le défendre contre ceux de leur espèce qui voudraient en faire leur proie. »

Les merveilles de la lyre de David ne sont pas moins étonnantes.

« Il amène à ses pieds les tigres farouches ; il endort les lions et les ours, et il inspire un tel courage à ses moutons , qu'ils osent combattre le loup et le renard, leurs plus cruels ennemis. »

L'invention du poëte est plus heureuse , lorsqu'il représente le combat de Goliath et de David. Le dépit d'Israël, quand il voit apparaître un champion si faible, et sa joie, tantôt bruyante, tantôt silencieuse, quand il est témoin de la victoire, jettent dans le poème un mouvement d'un brillant effet.

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