‹ La poésie devant la BibleChapitre 89 sur 120 · GG · texte numérisé non relu

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Les trois dernières strophes du cantique de Judith mises en vers par Racan, sont belles et énergiques :

Que donc tous les peuples du monde

Révèrent sans fin, ici-bas,

Cette Providence profonde

Qui donne l'être et le trépas;

Qui des astres et des planètes,

Nos sourds et nos muets prophètes,

Règle les mouvements divers ;

Qui fixe l'un et l'autre pôle,

Et de qui la seule parole

Défait et refait l'univers.

Son regard calme les orages; Il fait les montagnes mouvoir, Et donne à la mer des rivages Qui la tiennent dans son devoir.

Les plus durs rochers de la terre Sont de cire pour son tonnerre ; Egalement il a soumis L'Assyrien et le Barbare, Et contre tous il se déclare L'ennemi de nos ennemis.

Malheur à ceux dont l'arrogance Opprime notre liberté, Son foudre en fera la vengeance Et rabaissera leur fierté.

Sans fin ils expieront les crimes De leurs desseins illégitimes, Sans être ni vivants ni morts ; Et dans un océan de flammes, Les remords rongeront leurs âmes Quand les vers rongeront leurs corps.

Il y a là quelques tours et quelques mots vieillis, mais en général une grande force d'expression. Les trois derniers vers sont des plus beaux que je connaisse.

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