‹ La poésie devant la BibleChapitre 90 sur 120 · CANTIQUE DE JUDITH · texte numérisé non relu

CANTIQUE DE JUDITH

pia LEFRANC DE POMPIGNAN.

Laharpe , d'ailleurs assez favorable à Lefranc de Pompignan , condamne ce cantique en deux mots. Cependant nous y trouvons trois strophes qui ne sont pas sans valeur. Les deux premières surtout retracent le texte avec beaucoup de précision :

Assur, environné de nations altières,

Vers les rochers du Nord a percé nos frontières ;

Il a brûlé nos bois, dévoré nos sillons,

Et ce peuple innombrable épuisait dans ses courses,

Les torrents et les sources

Qui baignent nos vallons.

Les cruels s'avançaient, et de la Palestine, Dans leurs vastes desseins achevaient la ruine;

Les fers étaient forgés, le glaive était tout prêt ; Mais Dieu livre à la mort leur conducteur infâme.

Et la main d'une femme

Exécute l'arrêt.

La dernière strophe du cantique ne vaut peut-être pas celle de Racan, mais elle a aussi son mérite :

Malheur aux nations qui combattront la tienne, Il n'est point contre toi d'appui qui les soutienne ; Ta sévère équité les condamne à périr, Et leurs corps, au milieu des serpents et du soufre,

Plongés au fond du gouffre, Se sentiront sans cesse et renaître et mourir.

Il est vrai que Le franc n'a pas aussi bien exprimé les moyens employés par Judith pour relever ses attraits. Il a supposé qu'elle avait fardé son visage, ce qui n'est pas dans le texte.

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