‹ La poésie lyrique russeChapitre 11 sur 71 · DEBOUT · texte numérisé non relu

DEBOUT

Debout ! La vieille chaîne est rongée par la rouille Et les fers sont tombés. Déjà ont tressailli

Le Nil et le Liban ; déjà s'est réveillée

La steppe de Syrie. Frères slaves, debout!

Bulgares, Serbes et Croates, jetez-vous

Dans les bras l'un de l'autre et saisissez bien vite

La lame de vos pères.

Dites : « Au temps jadis, le Seigneur nous légua Un héritage d'eaux rapides et de steppes Ainsi que de forêts et de gorges rocheuses ! » Dites : « Nous sommes libres, nous voulons aussi Que les montagnes, les profondeurs sous-marines Ainsi que les vallées, les forêts et les champs

Soient libres comme nous !

Nous sommes libres, nous sommes prêts au combat Et notre haut effort est plein d'honneur et saint. C'est pour nous que Dieu brise en ce moment les chaînes, C'est pour nous que Dieu trempe en ce moment l'acier! O, regardez là-bas! Voyez fuir les ténèbres

Et le croissant s'é eindre !

Voyez à l'heure triomphale du matin Le ciel resplendissant ! Qu'ils sont pleins d'allégresse Et d'éclat, ces flambeaux des siècles à venir ! Bouillonnez donc, ô vous, vagues delà mer slave,

Ré veillez- vous, nids d'aigles !

[Pièce écrite à l'occasion de l'invasion des principautés danubiennes par la Russie]

Page 1