A LA RUSSIE
Le Seigneur t'appela à la guerre sacrée. Il t'aima, te donna une force fatale, Afin d'anéantir la volonté mauvaise
A.-S. KHOMIAKOV
De forces insensées, aveugles et rebelles."
O, mon pays natal, lève-toi pour tes frères,
Car, par delà les flots du Danube en courroux
Dieu t'appelle là-bas, où, contournant la terre,
Les vagues de l'Egée font monter leur rumeur.
Mais souviens- toi : pour les créatures terrestres,
Être instrument de Dieu est une lourde charge.
Avec sévérité II juge ses esclaves.
Hélas ! que de péchés affreux pèsent sur toi !
Juge à l'âme noircie de noire iniquité.
Marquée du joug de servitude, tu recèles
Mensonge délétère et flatterie impie.
Honteuse léthargie, ignominies sans nombre !
O toi, indigne d'être élue, tu es l'élue !
Sans tarder, lave-toi, de l'eau de pénitence.
Puisse ne pas gronder au-dessus de ta tête
Un double châtiment éclatant en tonnerre!
D'une âme agenouillée, le front dans la poussière.
Prie d'une humble prière, et par l'huile des pleurs
Guéris les plaies de ta conscience malade...
Puis lève-toi, fidèle à ta vocation.
Jette-toi dans le feu. des batailles sanglantes.
Pour tes frères soutiens le combat d'un cœur ferme.
Tiens l'étendard de Dieu fermement dans ta main
Et frappe de ton glaive : il est celui de Dieu.