L'ORAGE PRINTANIER
J'aime au début de mai l'orage
Et ses premiers coups printaniers
Qui grondent dans le ciel d'azur,
Comme folâtrant et jouant.
Son jeune tonnerre résonne,
L'eau jaillit, la poussière vole,
La pluie a suspendu ses perles
Et le soleil dore les fils.
Des monts roule un torrent agile,
Au bois, sans fin, les oiseaux chantent,
Leur vacarme et le bruit des monts
Font écho gaiement au tonnerre.
On dirait qu'Hébé l'étourdie,
En nourrissant l'aigle de Zeus,
Tout en riant a répandu
Du haut du ciel sur notre terre
La coupe où frémit le tonnerre.