‹ La poésie lyrique russeChapitre 15 sur 71 · VISION · texte numérisé non relu

VISION

Il est une heure de silence universel.

Heure des apparitions et des miracles,

Où, sans voiles dans le sanctuaire céleste.

Roule le char vivant de la Création.

La nuit s'épaissit, tel le chaos sur les eaux.

L'inconscience comme Atlas presse la terre,

Seule est troublée la muse à l'âme virginale

Quand les dieux lui envoient des songes prophétiques.

LA POÉSIE LYRIQUE RUSSE = O le sanvagc défilé !

Je vois accourir une source Se hâtaiit vers de nouveaux lieux.

Moi, je monte auprès des sapins.

Me voici parveau au faîte, J'y demeure joyeux et calme...

Toi, smrce, tu t'enfuis au val.

Va goûter à la vie des hommes

De la clairière un vautour monte

El haut vers le ciel il s'élève,

Toujours plus haut, plus loin il tourne,

Puis disparaît à l'horizon.

Il eut de la mère nature

Deux puissantes, vivantes ailes,

Ma s ici, moi, roi de la terre,

DarxS la sueur et la poussière,

Je suis attaché à la terre.

Déjà midi souffle le feu De ses rayons tombant à pic, Kt l'on voit fumer la montagne Avec ses forêts ténébreuses.

En bas, comme un miroir d'acier, Bleuit leau du lac. Les ruisseaux Des rochers luisant de chaleur Courent vers le sein maternel.

Et tandis que dans ks vallées Notre monde engourdi, sans force, Plein d'une suave langueur, Dort dans la vapeur de midi, .======= 60 :

F.-I. TIOUTCHEV

Comme des divinités sœurs, Dominant la terre expirante, Les cimes glacées jouent là-haut Avec i'azur en feu du ciel.

Ainsi que l'océan enserre notre globe,

le -bas notre vie est entourée de songes.

Dès que la nuit descend, on entend l'élément

Oui vient b<Httre soa bord de ses vagues sonores.

C st sa voix qui appelle, et nous presse, et nous prie.

Voici que dans le port frémit l'esquif magique.

Le flux monte, et bientôt, rapide, nous emporte

Dans l'insondable e p ce où roulent ses eaux sombres.

Le firmairient, où luit la splendeur étoilée,

Des profondeurs nous suit d'un œil mystérieux,

Tandis que nous voguons, et que de toutes parts

No as sommes entourés par l'abîme enflammé.

Page 1