‹ La poésie lyrique russeChapitre 26 sur 71 · NICE, LE 2 (14) JANVIER · texte numérisé non relu

NICE, LE 2 (14) JANVIER

Que tu es magnifique, ô mer nocturne ! Ici Clarté resplendissante, et là nuit ardoisée ! Dans le rayonnement de la lune, mouvante, Elle respire, elle brille comme vivante... Tout, parmi cette libre étendue sans limites Est éclat, mouvement, grondement et tonnerre. Et la mer est baignée d'une obscure lueur ; Que ta es magnifique en ce désert nocturne ! O grande houle, ô houle marine, dis-moi Quelle est la fête que tu célèbres ainsi ?

F -I. TIOUTCHEV

Les vagues courent en grondant et étincellent Sous le regard d'en haut des subtiles étoiles... Et parmi ce tumulte et ce rayonnement Soudain privé de voix, ie demeure perdu. Ah! comme dans le sein de leur enchantement J'irais avec bonheur noyer toute mon âme !

EST IN ARUNDINEIS MODULATIO MUSICA RIPIS (1)

Une mélodie vient des vagues de la mer, Une harmonie sort des éléments en querelle, Le musical accord d'un doux bruissement Ruisselle dans l'ondulation des roseaux.

Et tout forme un concert que rien ne peut troubler, Une pleine harmonie règne dans la nature ; Ce n'est que dans notre liberté chimérique Que nous nous sentons en dissonance avec elle. D'où vient et comment est née cette dissonance? Et pourquoi donc, parmi le chœur universel, L'âme ne chante-t-elle aussi bien que la mer, Et pourquoi le roseau pensant murmure-t-il ?

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