LA MER ET LE RÉCIF
Elle se rebelle et bouillonne, Elle fouette, siffle, mugit.
Et veut bondir jusqu'aux étoiles.
Jusqu'aux hauteurs inébranlables !
L'enfer, la puissance infernale Sous la chaudière bouillonnante Ont-ils fait un feu de géhenne?
Soulevant le gouffre, l'ont-ils Bouleversé de fond en comble ?
Du flux des vagues furieuses Le flot de la mer, sans arrêt Grondant, sifflant, criant, hurlant, Frappe le rocher du rivage.
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F.-I. TIOUTCHEV
Mais calme, hautain, étranger
A la démence de ces vagues,
Immobile, immuable, ô toi
Qui fus dès la création.
Tu te dresses, notre géant !
Exaspéré par le c6mbat,
Comme dans un assaut fatal,
De nouveau les vagues hurlantes
Se ruent sur ton massif granit.
Mais contre l'immuable roc,
Brisant sa ruée furieuse,
La vague écrasée rejaillit
Et son élan, resté sans force.
Ruisselle en une écume trouble...
Demeure donc, ô roc puissant.
Si tu n'attends qu'une heure ou deux,
La vague mugissante, lasse
De se battre contre ton pied.
Fatiguée du plaisir méchant.
Reprendra sa tranquillité.
Et sans hurlement et saùs lutte,
La vague, sous ton pied géant.
De nouveau viendra se coucher.
[Symbole de la Russie en lutte avec le mouvement déchaîné par la Révolution française de 1848.]
On ne peut, par l'esprit, comprendre la Russie, A l'aune commune on ne peut la mesurer : Elle possède sa conformation propre.
En la Russie il n'est possible que de croire.