VERS ECRITS EN FRANÇAIS
Vous, dont on voit briller, dans les nuits azurées, L'éclat immaculé, le divin élément, Étoiles, gloire à vous! Splendeurs toujours sacrées, Gloire à vous, qui durez incorruptiblement ! L'homme, race éphémère et qui vit sous la nue, Qu'un seul et même instant voit naître et défleurir, Passe, les yeux au ciel. Il passe et vous salue ! C'est l'immortel salut de ceux qui vont mourir.
(23 août 1850.)
BIBLIOGRAPHIE
En russe : Aksakov (I.-S.). F.-I. Tioutchev. Esquisse biographique. M., 1874; 2' édit., M., 1886. — Soloviev (V.-S.). La poésie de F.-I. Tioutchev {Vêstnik Evropy, 1895, n'^ 4). — Brandt (R.-F.). Matériaux pour une étude sur « Fédor Ivanoviich Tioutchev et sa poésie >^ {Izvéstiia otdêleniia rousskago iazyka i slovêsnosti Akademii Naouk, 1911, t. XVI, fasc. 2 et 3). — Brusov (V.). Tioutchev et Nekrasov {Rousski Arkhiv, 1900, ni). — Tioutchev. Annales de sa vie {Rousski Arkhiv, 1903, XI et Xn ; 1906, n° 10). — Id. Introd. et notes dans l'édition Marx, 1913. — Id. Tioutchev en Russie et à l'étranger {Rousskaîa Mysl, mars 1914).
En français : Mestscherski (E.). Les poètes russes, 1846. — Mendès (Catulle). Petits poèmes russes mis envers français. — Smirxoff (Olga). Études et souvenirs (Nouvelle Revue, 1885, t, XXXVII), p. 8, trad. des Pauvres hameaux. — Walluer (Léopold). La jeune Belgique, 1893, t. xn (trad. en vers). — Bariatixsky (V.). Les poètes russes {Nouvelle Revue, 1898, t. CXII, trad. en vers de trois poésies).
En allemand : F.-I. Tj'ustschews Lyrische Gedichte. In den Vcrmassen des Original s, dem Russischen nachgebildet von H. Noé. — Mûnchen, 1861.
A.-K. TOLSTOÏ (1817-1875
Le comte Alexêï Konstantinovitch Tolstoï naquit à Saint- Pétersbourg, le 24 août 1817. Après une enfance passée en Petite-Russie auprès de son oncle maternel, l'écrivain Alexis Perovski, il fit un stage aux Archives du ministère des Affaires étrangères à Moscou et fut, nominalement surtout, attaché à différentes fonctions du service impérial. Avide de liberté, et désireux de se consacrer tout entier à la littérature, il obtint, en 1861, sa retraite d'aide de camp de l'empereur Alexandre II avec le titre de veneur impérial. Il se retira en Petite-Russie, d'où l'éloignèrent fréquemment, pour des raisons de santé, des voyages à l'étranger. Il mourut à Krasny-Rog (gouvernement de Tchcrnigov) le 28 septembre 1875.
Son œuvre comprend principalement : un roman historique :Le prince Serebriany (1862) ; une trilogie dramatique '• La Mort d'Ivan le Terrible (1866), Le Tsar Fedor loanno' vitch (1868), Le Tsar Boris (1870) ; un poème dramatique : Don Juan (1862), et des poésies.
Parmi celles-ci, les unes sont essentiellement lyriques, d'autres satiriques, épiques et de tour populaiie . Les poésie lyriques, dont beaucoup sont inspirées par le sentiment qu le poète éprouva pour celle qui, malgré les obstacles, devint enfin sa fenmie, élargissent la conception de l'amour, suivant les idées de Scheliing. L'amour devient un avant-goût de la fusion avec l'âme universelle. L'univers n'offre d'ailleurs que des images fragmentaires et éparses de la Divinité, dont il est le reflet. Le poème Jean Damascène présente l'art comme le révélateur de l'infini.
L'inspiration de Tolstoï, malgré son caractère philosophique, n'a jamais la froideur de celle de Joukovski. La
pureté du souffle n'exclut pas rémotion profondément humaine de l'accent.
Œuvres : Jean Damas :ène Aï., 1859). — Le Prince Serebriany (M,. 1862). — La mort d'Ivan le Terrible (St. -P., 1S66). — Poésies (5t. -P., 1867). — Le tsar Fedor loannovitch (St.-P., 1868). — Le tsar Boris (St.-P., 1870). — Œuvres complètes (Stasioulévitch, St.-P., 1S76 ; 25« édit., 1911). — Œuvres complètes (édit. Marx, 1907, avec étude de Vengerov, et bibliogr. de Bykov, la plus complète).
Dans le bal bruyant, par hasard, Dans le tumulte vain du monde, Je taperçus, mais un mystère Enveloppait alors tes traits.
Tes yeux seuls avaient un air triste, Mais ta voix chantait, merveilleuse, Comme un son de flûte lointaine Ou la vague jouant en mer.
J'aimai ta taille délicate, Et tout ton air de rêverie ; Ton rire triste et musical Depuis résonne dans mon cœur.
La nuit, aux heures solitaires, Me sentant las, j'aime à m'étendre; Je revois alors les yeux tristes, J'entends aussi les gais propos, Puis je m'endors, mélancolique, Mon sommeil a d'étranges rêves...
T'aimé-je vraiment, je ne sais.
Mais il me semble que je t'aime.
[Souvenir du bal masqué où Tolstoï aperçut, pour la prem.ière fois, sous un loup de velours, le visage aimé.]
A,-K. TOLSTOÏ
Écoutant ton récit, je t'aimai, ma chérie. Et je vécus ta vie, et je pleurai tes larmes, En esprit je souffris avec toi le passé, Ressentant avec toi, tout, tristesse, espérances; Maint détail me meurtrit, je te fis maint reproche; Je ne veux oublier ni fautes, ni souffrances, Si chers me sont tes plears, si chères tes paroles. Je te vois, pauvre enfant, sans père et sans soutien, Tu connus tôt chagrin, trahison, médisance. Ta force a tôt plié sous le fardeau des peines ! Pauvre arbrisseau, penchant la tête vers la terre, Arbrisseau, prends-moi pour appui, moi, l'orme vert, Va, prends-moi pour appui, je suis sûr et solide !
Te souvient- il du soir où la mer bruissait , Au buisson d'églantier chantait le rossignol. Des rameaux odorants et blancs d'acacia
Se balançaient à ton chapeau ?
Entre les rocs couverts de l'épaisseur des vignes
Si étroit était le chemin !
Nous chevauchions, muets et dominant la mer,
La main s'unissait à la main.
Si gracieusement tu te penchais en selle,
Tu cueillais la rouge églantine ; Ton cheval isabelle, en sa lourde crinière
En fut paré avec amour.
Indociles, les plis de ta robe flottaient En s'accrochant aux branches.
Insouciante tu riais, fleurs au cheval, Fleurs dans tes mains, à ton chapeau.
Te souvient-il du bruit du torrent gros de pluie, Écumant et rejaillissant?
LA POÉSIE LYRIQUE RUSSE ====^^= Comme notre chagrin nous paraissait lointain, Comme nous l'avions oublié !
{Esqnisses de Crimée^ 1856.)
Dans mon âme remplie de frivoles soucis En ouragan, soudain, la passion se rue, Foulant de son élan les fleurs qui la paraient, Balayant le jardin qu'orna la vanité.
Des préjugés les vils débris, tourbillonnant, Sont chassés de l'esprit par sa force vitale, Et, bienfaisante pluie, un flot tiède de larmes Vient arroser alors mon âme ravagée.
Et me voici debout, muet, sur ces ruines, Possédé d'un émoi jusqu'alors inconnu ; Du jour ressuscité j'aspire Tonde fraîche, Et j'écoute gronder le tonnerre lointain.
Le bouleau fut blessé par la hache tranchante, Des larmes ont coulé sur l'écorce argentée : Bouleau, ne pleure pas, ne gémis pas, pauvre arbre, La plaie n'est pas mortelle, et, guéri pour l'été. Tu pourras étaler ta parure de feuilles, Le cœur malade, seul, ne guérit pas sa plaie.
Quand la forêt profonde alentour est muette
Et que le soir est calme, Quand je sens malgré moi le vers harmonieux
Prêt à jaillir du cœur.
Quand l'arbre qui bruit, ou le champ qui murmure Me font de sourds reproches,
A.-K. TOLSTOÏ
Lorsqu'au dedans de moi bouillonne impatient
Quelque juste courroux, Lorsque toute ma vie est couverte de l'ombre
De pesantes nuées ; Lorsque je vois au loin la furtive lueur
D'un rayon d'espérance ; Dans les plaisirs du monde et leur frivolité
Et parmi les soucis, Au sein de l'espérance ou à l'heure du doute,
Je t'appelle. en mon âme; J'ai peine à concevoir la séparation,
Tu es si près de moi !
Et ma main veut alors dans la sienne presser
Ta chère main aimée.
L'ombre tombait et par degrés le jour brûlant Pâlissait ; sur le lac s'épandait un brouillard, Et devant moi passait, familière et aimée Ta douce image, à l'heure paisible du soir. Le sourire était celui-là même que j'aime, La souple tresse comme autrefois dénouée. Et les yeux tristes, comme autrefois anxieux, Me regardaient à l'heure paisible du soir.
Ne me crois pas quand dans l'excès de ma douleur,
Je dis que j'ai cessé de t'aimer, ô amie,
Ne crois pas que la mer, lors du reflux, trahisse.
Elle retournera aimante vers la terre.
Déjà je languis, plein de mon ancien amour.
Et je vais te livrer encor ma liberté,
Déjà grondant accourt le retour de la vague
Du lointain horizon vers les rives aimées.
Mon cœur, que chaque année enflamme davantage,
Comme en une eau glacée fut dans la vie du monde
Jeté, et tel un fer rouge, il y bouillonna.
O vie, que tu t'es mal comportée avec moi !
Plein d'indignation, de regret, de chagrin.
Je continuerai à bouillonner, cependant
Je ne deviendrai point l'acier brillant et froid.
Moi qui avais, dans la poussière et les ténèbres
Jusqu'à présent traîné mes fers, J'ai été soulevé sur l'aile de l'amour Jusque dans la patrie de la flamme et du Verbe. Et mon obscur regard a connu la lumière.
Et j'ai vu le monde invisible ; Et depuis ce moment, mon oreille perçoit
Ce qui échappe aux autres hommes.
Et je suis descendu de la cime éthérée. Tout pénétré de ses rayons, et je regarde Avec des yeux nouveaux la vallée frémissante ; J'entends partout des voix qui se parlent sans fin,
Et j'entends battre avec amour Le cœur rocheux des monts dans leur sein ténébreux.
Je vois lentement les nuages Tourner avec amour dans le bleu firmament,
Jentends sous l'écorce des arbres La sève vive, au printemps frais et embaumé. En flot chantant monter avec amour aux feuilles. Et j'ai compris, avec mon cœur divinateur
Que toute chose, née du Verbe, Répandant des rayons d'amour autour de soi.
Aspire à retourner à lui, Que chaque flot de vie suit la loi de l'amour. Et tend, par la force de l'être,
A.-K. TOLSTOÏ
Irrésistiblement vers le ^iron divin :
Et tout est son, tout est lumière, Et tous les mondes n'ont qu'un unique principe.
Et il n'est rien, dans la nature,
Où l'on ne respire l'amour.
Ce n'est pas le vent qui, soufflant d'en haut, En la nuit de lune a touché les feuilles, Mais c'est toi qui viens de toucher mon âme Ainsi que la feuille, elle s'inquiète, D'un psaltérion a toutes les cordes.
La vie, en sa trombe l'a déchirée, Et dans son assaut, qui ravage tout, Sifflant et hurlant a brisé les cordes Qu'elle ensevelit sous la froide neige.
Tandis que ta voix caresse l'ouïe Et ton toucher, par sa légèreté, Est pareil au duvet ailé des fleurs, Au souffle qu'exhale une nuit de mai.
La vague se brise en poussière et rejaillit,
M' éclaboussant les yeux de son embrun salé ; #
Assis sur un rocher, immobile, je sens
Une indéfinissable hardiesse en mon âme.
Les vagues succèdent aux vagues, le reflux
Suit le flux, et l'écume a recouvert leurs crêtes.
O mer, qui donc faut-il provoquer au combat,
Afin d'éprouver mes forces ressuscitées ?
J'ai senti en mon cœur que cette vie est bonne ;
O vagues, vous avez dissipé mon chagrin,
A votre tonnerre et votre jaillissement
L'âme s'est réveillée, sœur de la mer grondante.
La mer n'ecume point, la vague est sans embruns. Et dans les arbres les feuilles ne remuent pas. Le calme règne sur la nappe diaphane Et comme en un miroir, le monde est renversé. Assis sur un rocher, j'aperçois les nuages Dans l'espace azuré, suspendus, immobiles. Mon âme est sans révolte, mon âme est profonde, Elle est sœur de la mer tranquille !
L'occident s'éteint à l'horizon pâle et rose, La pureté du ciel s'ensemence d'étoiles, Dans le bois de bouleaux siffle le rossignol, L'air est plein des senteurs de l'herbe parfumée. Je connais ce qui s'est glissé dans tes pensées, Je connais de ton cœur les plaintes incessantes, Et je ne veux pas, moi, que tu tentes de feindre Et te contraignes à façonner un sourire. Ton cœm- souffre et n'a pas de consolation, Pas une étoile en lui ne donne sa lumière. O. pleure librement, mon trésor bien-aimé. Tandis que retentit le chant du rossignol, Le chant du rossignol, en sa mélancolie. Qui se déroule ainsi qu'une plainte éplorée, Pleure, mon âme, pleure, ô ma douce chérie. Tu n'as, pour t'écouter, que le ciel étoile.
L'automne ! Tout notre pauvre jardin se jonche Et les feuilles jaunies volent au gré du vent. Seules brillent au loin, dans le fond des vallées,
A.-K. TOLSTOÏ
Les grappes rouge vif des sorbiers qui se fanent. Mon cœur est à la fois joyeux et affligé, En silence je presse et réchauffe tes mains ; En regardant tes yeux, je répands en silence Des larmes; je ne sais dire combien je t'aime I
Endors-toi, triste amie, la clarté du soir rose Se fond de plus en plus avec la nuit qui vient, Et les troupeaux bêlants ont regagné leur gîte, La poussière est tombée sur la plaine déserte. Que descende le bel ange ailé du sommeil, Et t'emporte à une autre vie ! Depuis longtemps Il m'est, dans la tristesse, un ami et un frère. Endors-toi, mon enfant, je n'en suis pas jaloux. Il versera l'oubli aux blessures du cœur. Chassera de l'esprit le chagrin anxieux, Et soulèvera jusqu'au matin, invisible, Le fardeau qui oppresse l'âme désolée.
Accablée tout le jour de lutte intérieure. Et lasse des regards et des propos hostiles, Endors-toi, mon enfant ; entre ceux-ci et toi Sa bienfaisante main abaissera un voile.
Une larme frissonne en ton regard jaloux, O, ne t'afflige pas, tu ne m'es pas moins chère. Mais je ne puis aimer que dans l'immensité. Mon amour qui est aussi vaste que la mer Ne peut tenir entre les rives de la vie. Lorsque la puissance créatrice du Verbe Fit surgir de la nuit les mondes, par milliers. L'amour, comme un soleil, les illumina tous, Et sur terre, vers nous, descendent seulement
Quelques rares rayons épars de son flambeau.
Et les cherchant, épars, avec avidité,
Nous saisissons du beau éternel un reflet;
Les bruits de la forêt en sont la douce annonce,
Et le torrent glacé le dit en grondements,
Les fleurs parlent de lui, tout en se balançant.
Et nous, nous aimons tout d'un amour émietté :
Doux murmure du saule au-dessus du ruisseau,
Regard penché sur nous de la vierge chérie,
Et l'éclat de l'étoile, et toutes les beautés
De l'univers, et nous ne fondons rien ensemble.
Mais ne t'afflige pas ; le terrestre chagrin
Passera : attends donc, bref sera l'esclavage,
Bientôt nous nous fondrons tous en un seul amour,
En un unique amour, vaste comme la mer.
Que ne contiendront plus les rives de la terre.
Depuis que je suis seul, depuis que tu es loin, Quand un demi-sommeil inquiet m'assoupit, Plus lumineux est l'œil de mon âme qui veille, Plus manifeste est ta présence incorporelle. Ton visage paisible et doux, sœur de mon âme, Sur moi se penche avec un sourire attendri. Dans mon demi-sommeil inquiet, je perçois, En un bonheur poignant, ton regard plein d'amour. O, dis, si en cette heure aussi tu t'assoupis, Sommes-nous pénétrés de la même pensée.
Vois-tu la vaporeuse image de ton frère Sourire tristement en se penchant sur toi ?
La passion n'est plus, ec sa flamme inquiète Maintenant ne met plus mon cœur à la torture,
A.-K. TOLSTOÏ
Mais cesser de t'aimer me serait impossible, Tout ce qui n'est pas toi est si vain et menteur, Tout ce qui n'est pas toi est incolore et mort. Des indignations injustes et sans cause Ne font plus bouillonner en moi un sang rebelle, Mais je ne puis me fondre avec l'ignoble vie, Mon amour, ô amie, même sans jalousie, Demeure cependant le même ancien amour.
Ainsi, des hauteurs d'une sévère nature, Un torrent, s'arrachant aux rochers suspendus, Des lieux où régnent orages, nuées, tempêtes. Porte ses mêmes eaux dans les steppes immenses Et vers le lointain coule, et paisible et profond.
Il est au fond du cœur maintes pensées confuses. Mainte harmonie, maint chant qui ne fut pas chanté, Mais l'éternelle et ennuyeuse inquiétude Des soucis incessants étouffe en moi leur voix. Lourd est le poids de sa pression importune, Depuis longtemps mon cœur luttait avec la vie, Mais tel l'ouragan brisant les pins, la vie hurle, Tel un flot murmurant, la voix du cœur chuchote.
C'était au matin du printemps, L'herbe pointait à peine.
Le soleil n'embrasait pas l'air.
Les ruisselets coulaient ; Dans les bocages, la verdure Se montrait diaphane ; Le cor du pâtre matinal Ne chantait pas, sonore, Et la fougère délicate ,^,3==^== 91 ==
Dans la forêt de pins,
Était encor toute bouclée.
C'était au matin du printemps,
C'était dans l'ombre des bouleaux,
Que devant moi, en souriant,
Tu baissas les prunelles . ..
Lors, en réponse à mon amour,
Tu baissas les paupières.
O vie ! ô bois, ô clair soleil?
O jeunesse, ô espoirs !
Et regardant ton cher visage,
Je pleurai devant toi.
C'était au matin du printemps.
C'était dans l'ombre des bouleaux .
C'était au matin de nos ans,
O larmes ! ô bonheur !
O bois ! ô vie ! ô clair soleil !
O fraîche haleine du bouleau !