LE PAPILLON
Tu dis vrai : par mon seul dessin aérien
J'ai tant de grâce, Tout mcn velours et son vivant clignotement,
Ce sont deux ailes.
Ne me demande pas d'où je suis apparu
Et où je cours :
Je viens de me poser sur cette fleur légère
Et je respire...
Mais voudrai-je longtemps, sans but et sans effort
Respirer là ?
Tiens, à l'instant, ouvrant mes ailes, j 'étincelle
Et je m'envole !
Écoute la leçon du chêne et du bouleau : La cruelle saison d'hiver les environne ; Sur eux se sont figées leurs inutiles larmes, Et leur écorce en se resserrant a craqué. Toujours plus acharné, le chasse-neige en rage Arrache à tout instant les feuilles qui survivent. Tandis que l'âpre froid pénètre jusqu'au cœur. Ils demeurent muets... Comme eux sache te taire. Aie foi dans le printemps. Son esprit passera, Et retrouvant son souffle chaud où bat la vie, L'âme en deuil connaîtra, surmontant sa souffrance. Jours radieux et révélations nouvelles.
A.-A. FETH