LE BAISER
Ce n'est point en vain que, sacrifiant raison
Et cœur et souvenir, je t'embrasse avec fougae,
Car je t'embrasse aussi pour celle devant qui
J'ai tu ma passion, silencieux, timide,
Et pour celle qui sut m'enflammer sans brûler.
Riant, me tourmentant longuement, et pour celle
Dont l'amour eût été pour moi un bouclier,
Mais qui dort, immolée sous sa croix sépulcrale.
Que ce qui, dans mon cœur, s'est enflammé pour elle^.
Achevant de brûler, s'éteigne dans tes bras.