‹ La poésie lyrique russeChapitre 62 sur 71 · LIBERTE · texte numérisé non relu

LIBERTE

O, ma mère patrie, je n'ai jamais encore

Parcouru avec un tel sentiment tes plaines.

J'aperçois un enfant sur les bras maternels,

Mon cœur est remué par une pensée chère :

Tu es venu au monde au bon moment, enfant ;

Dieu est clément, tu ne connaîtras pas les larmes !

Dès l'enfance, sans être effrayé par personne,

Libre, tu choisiras la voie qui te convient ;

Si tu veux, toujours tu resteras paysan,

Si tu le peux, tu fendras le ciel comme un aigle !

Il y a dans ces rêveries beaucoup d'erreurs.

L'esprit humain est à la fois subtil et souple.

Pour remplacer les rets du servage, je sais

Que les hommes en ont inventé beaucoup d'autres

Soit !... Mais plus aisément le peuple s'en défait !

Muse, salue avec espoir la liberté !

O, mes vers, ô vivants témoins D'un monde de larmes versées, Vous naissez aux instants fatals Des orages agitant l'âxae,

N.-A. NEKRASOV

Et vous heurtez les cœurs des hommes Comjne les values le rocher.

Page 1