‹ La poétique de Schiller; essai desthétique littéraireChapitre 18 sur 97 · Italienische Reise, Hempel, p · texte numérisé non relu

Italienische Reise, Hempel, p

' empfinden das Natiirliche) » appartient proprement, on vient de le voir, à Gœthe. Quoi qu'il en soit de cette analogie, nous savons que Gœthe, de retour d'Italie, s'applique à réaliser dans ses œuvres nouvelles les principes qu'il vient d'acquérir, et à se rapprocher, autant que cela était possible à un auteur moderne écrivant en langue germanique, des grands modèles de l'antiquité. C'est ainsi qu'il publie successivement les Élégies romaines, Alexis et Dora, et avant tout son chef-d'œuvre, l'idylle dans laquelle il confesse avoir voulu rivaliser, sinon avec Homère lui-môme, du moins avec les Homérides, Hermann et Dorothée^. Luimême avoue avoir professé à cette époque une admiration si exclusive pour la poésie ancienne qu'il en devint injuste pour la poésie moderne 2, et en composant cette Achilléide qui, dans sa pensée, devait former comme une suite de l'Iliade, il veut avant tout se purifier de tout élément subjectif et pathologique, et suivre les anciens dans ce qu'on a l'habitude de blâmer en eux, bien plus dans ce qui répugne à son propre goût \

On comprend sans peine qu'en face de cette évolution des vues esthétiques de Gœthe, qu'il nous est facile aujourd'hui de comprendre et de dominer, mais qui devait paraître à ses contemporains fort singulière et assez mystérieuse, Schiller ait éprouvé de grandes difficultés pour pénétrer l'esprit de son grand rival. Tout d'abord, nous l'avons vu, il est choqué par le réalisme et le matérialisme affectés par tous les féaux de Gœthe. Puis, dès qu'il lui fut donné de l'approcher, il se rend non seulement compte de l'immense supériorité que l'âge, l'expérience et la gloire avaient donnée à Gœthe sur lui, mais encore qu'entre le génie de Gœthe et celui qu'il sentait palpiter en lui-même, il y avait plus qu'une différence de degré, il y avait une véritable

Page 1