‹ La poétique de Schiller; essai desthétique littéraireChapitre 23 sur 97 · Loc. cit., p. 198 à · texte numérisé non relu

Loc. cit., p. 198 à

autrement et que Toreille s'habitue à de nouveaux sons, à mesure que se produisent tous ces changements, la poésie se transforme, non seulement dans les différentes nations, mais au sein de la même nation^ ». On a essayé de soumettre à des classifications la production poétique, « ce champ de la pensée humaine, si riche en fleurs et en fruits ». L'un de ces essais de classification est dû à Schiller, qui a divisé les poètes d'après les sentiments [Empfindungen). Sans doute, le traité de Schiller est plein de choses fines et excellentes, mais le sentiment est un principe de division bien vacillant. Les sentiments, en effet, se transforment et muent incessamment. Nul poète ne reste fidèle à une inspiration sentimentale unique : « le monde des sentiments est un royaume des esprits et souvent des atomes; seule la main du Créateur sait en faire jaillir des formes précises ». Herder n'approuve pas plus le principe de division d'après le caractère subjectif ou objectif des poètes : Homère, par exemple, s'intéresse aussi bien aux objets et aux personnages qu'il représente que les lyriques du moyenâge, que l'Arioste, Speijcer, Cervantes et Wieland dans les temps modernes. La véritable méthode pour étudier les poètes est « la méthode naturelle, qui consiste à laisser chaque fleur dans le sol où elle a germé et de Vy considérer telle quelle est d'après le moment de son éclosion et l'espèce particulière à laquelle elle appartient, depuis sa racine jusqu'aux pétales^ ».

Voilà, très en raccourci, les principales méthodes poétiques en Allemagne, depuis le commencement du xviii® siècle jusqu'à Schiller. Il nous reste maintenant à caractériser celle de Schiller lui-même. Par opposition à la méthode de

1. Abhandlungen und Briefe ûber schône Litteralur und Kunst, p. 313 et 314.

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