‹ La poétique de Schiller; essai desthétique littéraireChapitre 25 sur 97 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

DU naïf

Nous avons dit, dans notre Introduction, que de toutes les œuvres esthétiques de Schiller, c'est le Traité sur la Poésie naïve et sentimentale qui est le mieux délimité, quant au sujet traité, et le plus clair et le plus précis quant à la langue. Nous sommes cependant obligé de faire remarquer, au moment d'en commencer l'exposition, que la clarté y est plus apparente que réelle et la précision plus extérieure qu'intérieure. Ce qui fait en effet essentiellement défaut à notre traité, c'est l'unité de composition. Visiblement Schiller s'y abandonne, sans plan préconçu, à la facilité et à la richesse de son inspiration. S'il sait où il veut aller, il n'a pas prémédité les chemins qui vont le conduire à son but, et bien souvent il nous mène par des sentes obscures et escarpées, où il court risque de s'égarer et de nous égarer. Lui-même confesse d'ailleurs, qu'au moment où il a rédigé son œuvre, il n'avait pas le loisir de composer son sujet, et que par exemple, il n'avait pas prévu, en commençant, l'étendue qu'il donnerait à la partie consacrée au sentimental*. Nous essaierons bien de mettre dans le développement de Schiller un peu plus d'ordre, et d'éviter

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