‹ La poétique de Schiller; essai desthétique littéraireChapitre 50 sur 97 · Loc. cit., lettre · texte numérisé non relu

Loc. cit., lettre

laume de Humboldt, dès Tapparition du Traité sur la Poésie naïve et sentimentale, avait écrit que Schiller avait déduit les différences des poètes de « l'étendue possible, m'oglichen Umfang, du génie poétique et celte étendue ellemême du concept de l'humanité ^ ». Nous allons faire voir combien ce jugement est juste, et que la poésie comme le beau est pour Schiller une Idée, c'est-à-dire un but auquel l'homme est obligé de tendre, sans pouvoir le réaliser, un Impératif, et que cette Idée, il la déduit du concept de la nature parfaite de l'homme. Nous montrerons de plus que cette déduction elle-même, Schiller l'opère au moyen de concepts empruntés à la philosophie critique, et que, sans s'en douter, — je répète la formule que j'ai donnée plus haut et que j'ai empruntée à Haym — il identifie l'idée de la poésie, adéquate à l'idée de l'humanité parfaite, avec son propre idéal poétique, auquel il subordonne les différences historiques comme des types logiquement nécessaires.

Ce qui frappe tout d'abord, quand on parcourt le Traité sur la Poésie naïve el sentimentale qui est et qui a la prétention d'être une véritable poétique, c'est que nous n'y trouvons, nulle part, une définition véritable de la poésie elle-même. Sans doute, Schiller y affirme que la fin de la poésie consiste à donner à V humanité son expression la plus complète^, « que les poètes sont ou bien les défenseurs, ou bien les gardiens de la nature ^ », « que la poésie est ou bien nature, ou tend à la nature * » et enfin « que toute poésie a nécessairement un contenu infini et que c'est là seul ce qui en fait la poésie^ ». Mais il est très clair que toutes ces

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