‹ La poétique de Schiller; essai desthétique littéraireChapitre 51 sur 97 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

définitions ne s'appliquent pas proprement à la poésie, mais bien à Fart en général dont la fin commune est le beau. Ce qui était important de savoir, ce n'était pas que la poésie, comme tout art, visait à nous donner une image aussi parfaite que possible de l'humanité, mais bien comment elle réalisait cet idéal à la dififérence des arts plastiques et de la musique. Ce qui était essentiel à connaître, ce n'était pas que la poésie doit avoir un contenu infini, mais bien quel était ce contenu infini, s'il était le même que celui des autres arts, et par quels moyens particuliers la poésie arrivait à l'exprimer.

Sans doute, si nous ne nous en tenons pas exclusivement au Traité sur la poésie naïve et sentimentale, et que nous consultions soit les correspondances, soit les autres opuscules esthétiques de Schiller, nous trouvons un supplément d'éclaircissement. Dans une lettre à Goethe notamment, Schiller remarque qu'en traduisant en vers la prose de Wallenstein, il avait le sentiment d'être soumis en quelque sorte à une Juridiction, Gerichtsbarkeit, autre et supérieure. En soumettant tous les personnages d'un drame à la même loi du rythme, le poète est obligé de faire abstraction de toutes les différences caractéristiques et individuelles, et de ne retenir que ce qui est universellement, purement humain, Allgemeines rein-menschliches. « Tout est obligé de se subordonner au concept générique du poétique, et le rythme est à la fois le représentant et l'instrument de cette loi. De cette façon, il constitue l'atmosphère de la création poétique ; tout ce qui est grossier en est éliminé, car, seul, le spirituel peut être porté par cet élément subtil*. » Il faut joindre à ce texte important quelques passages essentiels de la préface de la Fiancée de Messine, auxquels j'ai déjà fait allusion, mais sur lesquels il importe maintenant d'insister. L'art véritable, dit Schiller, consiste

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