Dos Idéal und daa Leben
satire, ce qui serait le produit quaestionis, das Produkt quaestionis dans l'idylle, considérée comme genre particulier de la poésie sentimentale. Si une telle idylle était irréalisable, c'est-à-dire s'il était impossible d'individualiser l'idéal, c'est la comédie qui serait l'œuvre poétique suprême, ce pour quoi Schiller l'a toujours tenue, avant d'avoir conçu la possibilité de son poème nouveau. « Imaginez, oh ami, la jouissance de voir, dans une représentation poétique, toute trace d'un élément mortel effacée, de n'y voir rien que de la lumière, de la liberté, de la virtualité, de n'y voir aucune ombre, aucune barrière. J'ai le vertige quand je songe à cette tâche, à la possibilité de cette tâche! Quel suprême délice que de représenter une scène dans l'Olympe ! Je ne désespère pas d'y réussir, si je parviens à libérer entièrement mon âme et à la purifier <le toute Vordure de la réalité^ von allem Unrat der Wirklichkeit. J'y vouerai toute mon énergie et toute la partie éthérée de ma nature, dussé-je les user toutes ^ »
Nous voilà à la fin de cette correspondance qui fournit au lecteur le meilleur accès dans la doctrine du sentimental. On y surprend toutes les hésitations de Schiller. On l'y voit osciller entre l'extrême attachement à la poésie naïve, à la poésie grecque, qu'il veut se remettre à étudier en écolier, et entre une superbe confiance dans la poésie moderne, dans la poésie sentimentale dont il pousse l'idée jusqu'à ses conséquences extrêmes par cette conception d'une idylle olympienne d'où serait effacée toute trace de Vordure du réel. Gomment Gœthe aurait-il accueilli ce terme, comment ce terme s'accorde-t-il avec l'admiration professée par Schiller pour ces Grecs vers lesquels il se sent toujours attiré à nouveau parce qu'ils sont les plus fidèles et les plus probes interprètes de la réalité? En tout cas, au moment de se mettre à rédiger ses idées sur le sen-