‹ La poétique de Schiller; essai desthétique littéraireChapitre 70 sur 97 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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n'est ni la nature réelle, ni même la nature vraie, mais seulement la « vraie nature humaine » que le génie naïf a pour devoir d'imiter. Or, pour qu'il y ait vraie nature humaine, il faut que notre faculté autonome participe à chaque manifestation de notre Moi et l'expression de cette faculté autonome ne saurait être que noblesse et dignité. Schiller accorde bien que les poètes ont le droit d'imiter parfois la nature inférieure, mais, chose singulière, ce sont les poètes sentimentaux qui ont ce privilège, avant tout les poètes satiriques : en effet, les poètes sentimentaux satiriques transportent dans l'objet qu'ils représentent leur propre nature supérieure et, par conséquent, si leur sujet est la nature humaine inférieure, il sont, eux, nature humaine véritable. Quant aux poètes naïfs, il est certain que la nature vulgaire constitue pour eux un grand danger. « En effet, celte belle harmonie entre la faculté de sentir et la faculté de penser, qui constitue la naïveté, n'est qu'une Idée que la réalité ne saurait réaliser pleinement. Même chez les meilleurs poètes naïfs, la réceptivité l'emporte toujours quelque peu sur la spontanéité. Or, la réceptivité reste toujours plus ou moins sous la dépendance de l'expérience, et c'est seulement une activité continue de la faculté productive qu'on ne saurait attendre de la nature humaine qui pourrait empêcher que la matière n'exerçât parfois un pouvoir aveugle sur la réceptivité. Toutes les fois que c'est le cas, le sentiment poétique devient vulgaire *.

Nous avons rassemblé tous les textes relatifs au problème qui nous occupe — textes qui se trouvent épars dans le traité de Schiller et que nous avons déjà cités en leur lieu et place dans la première partie de ce travail — pour que le lecteur pût les embrasser d'un seul coup d'oeil et qu'ainsi les contradictions que nous aurons à y relever éclatassent dans toute leur force. Le point de départ de toute la dis-

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