Ueber naive und sentimentalische Dichtung, p
règles, que jaillit le divin ou Tidéal. D'après ce texte, l'idéal, conformément à la théorie des Lettres sur V Éducation esthétique^ constitue le sommet de l'humanité, sommet qu'il n'est jamais donné à l'homme ni à l'artiste de gravir, mais vers lequel il ne peut pas laisser, de par son essence, que de tendre. L'idéal n'appartient donc jamais au présent, mais toujours à l'avenir, et il est uni par les liens les plus étroits à l'idée morale.
Puis, lorsque Schiller en vient à la poésie sentimentale, ce n'est plus par rapport à la nature extérieure, mais bien par rapport à la nature intérieure de l'homme et du poète naïfs qu'il définit l'idéal. Tandis que l'homme et le poète naïfs constituent une unité dans laquelle les sens et la raison, les facultés réceptives et les facultés autonomes jouent de concert, cette unité, cette harmonie sensible s'évanouit avec la civilisation naissante ou du moins n'existe plus que comme unité morale, comme unité tendant à sa réalisation, c'est-à-dire comme unité idéale. « L'idéal est une pensée qui doit être réalisée, et le poète sentimental a pour mission de représenter l'ascension de la réalité vers l'idéal, ou plus simplement de représenter l'idéal •». D'après ce texte, l'idéal est proprement une pensée qui doit être réalisée, un but imposé à l'activité humaine, but qui consiste à ressusciter cette harmonie des facultés sensibles et intellectuelles qui a existé dans l'état de naïveté et que la civilisation a fait perdre à l'humanité. L'idéal semble donc placé non pas dans l'avenir mais dans le passé : c'est quelque chose qui a existé, qui s'est évanoui et qu'il s'agit de reconquérir.
C'est cette même interprétation qui prévaut lorsque Schiller aborde la satire et l'élégie. « Les poètes en tant que poètes sont toujours les gardiens de la nature, et lorsqu'ils ne peuvent plus l'être entièrement et qu'ils ont déjà