‹ La poétique de Schiller; essai desthétique littéraireChapitre 83 sur 97 · Ueber naive und sentimentalische Dichtung, p · texte numérisé non relu

Ueber naive und sentimentalische Dichtung, p

ïélégie proprement dite — ou bien la réalité et l'idéal sont un objet de joie, nous étant représentés tous deux comme réels — et alors nous sommes dans le domaine de V idylle. Il suit de là que la poésie sentimentale se scinde en deux genres principaux, c'est-à-dire en satire et en élégie, et que l'élégie se segmente elle-même dans l'élégie proprement dite et dans l'idylle. L'idylle nous apparaît comme une espèce du genre élégie, de même que la satire pathétique et la satire plaisante sont des espèces du genre satire ^

Enfin, lorsque Schiller traite de l'idylle, la déduction change encore. Schiller part comme tout à l'heure du fait que tout poète sentimental a affaire à deux objets opposés, à l'idéal et à la réalité, entre lesquels il ne se peut concevoir que trois sortes de rapports. « Ou bien nous sommes frappés particulièrement de la contradiction entre l'idéal et la réalité, ou bien nous sommes frappés de leur accord, ou bien nous sommes partagés entre l'une et l'autre de ces deux impressions. Dans le premier cas, le plaisir esthétique est dû à l'intensité de la lutte intérieure, au mouvement énergique, dans le second, à l'harmonie de la vie intérieure, au calme énergique^ dans le troisième enfin, il y a alternative de lutte et d'harmonie, de mouvement et de repos. Ce triple état de notre sensibilité donne naissance aux trois genres poétiques auxquels conviennent parfaitement les termes de satire, d'idylle et d'élégie, pourvu que l'on ne tienne compte que de la disposition d'esprit où nous transporte chacune de ces formes poétiques, et que l'on fasse abstraction des moyens dont elles se servent pour la produire *.

Si nous regardons d'un peu près ces trois déductions des genres de la poésie sentimentale, nous sommes arrêtés tout d'abord par le fait que l'élégie et l'idylle y occupent une

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