‹ La poétique française: le présent et l'avenirChapitre 20 sur 53 · LES VOYELLES · texte numérisé non relu

LES VOYELLES

Un principe à ne pas oublier, c'est que les lettres ne sont expressives qu'en puissance, c'est-à-dire, n'expriment quelque chose que si l'idée qu'elles recouvrent est susceptible de mettre en lumière leur pouvoir expressif *. On peut aussi établir en règle générale que toute idée est complexe, en d'autres termes, comporte des nuances traduisibles « par l'emploi simultané ou successif de moyens d'expression différents ».

Guyau dit de son côté : « Les voyelles constituent » comme la coloration du langage (puisqu'elles se » distinguent l'une de l'autre par le timbre, couleur » du son) ; les consonnes ou articulations ne sont » que les lignes qui séparent les unes des autres » les diverses bandes colorées et les empêchent de » se confondre. Elles sont comme les nervures du » langage, et on ne les distingue pas aussi facile- » ment de loin : dans un massif d'arbres, on n'aper- » cevra d'abord que la teinte des feuilles, non leur » forme ; de loin, on n'entendra que les voyelles » émises, non les consonnes qui règlent leur émis- » sion 9 . »

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