OU
Si vous fait's cela, — vous ne frez pas peu.
Il y en a de neuf:
Je sais c'quc tu vaux — et c'que j'te dois,
On le TOI I : ces prétendus alexandrins ne sont que des vers libres. Le langage vulgaire se débarn des syllabes inutiles, mais la poésie les maintient avec soin dans la mesure du vers « de sorte qu'au-
n jourd 'liui la prose, sous le rapport des rythmes,
devenue la véritable langue poétique, tandis
. que la prosodie du \ mservé toutes les For-
s tombées an désuétude et ne repose plus que
r des préjugés et des fictions * »>
Il n'y avait ni à opérer une réforme orlhographi-
me Molière écrivain :
rolontiers, Je Vépousterai bien ;
r l> muet éliminé par une apostrophe, comme on le faisait au xv] et comme on le
fait chez les chansonniers du Tréteau de Tabarin. Il ut simplement à considérer que les nu oncant, doivent se prononcer en vers connu . Si l'orthographe a gardé longtemps l*e dans Je payerai, paierai, payement, remerciement, ce prononcer IV muet qui étail placé rivait bien (V
quand on prononçai! déjà trançaiê s raide.
récriture retardant sur la prononciation La syncope n'est pas plus difficile à pratiquer que l'élision.
On n'écrit pd Le lîèvr* et la tortu' en sunl un témoignage;
On n'apostrophe pas davantage la place di mu<*t pour montrer qu'il ne compte pas dans la sure du y
Latins écrivent bien :
Monstrum h orrendum, informe, in^ens, irnin.
au lieu de
Monslr' horrend', inform', ingeas.
et les Italiens
Se 11 a oie in dora il di
et non
S'il sol' indor* il dL
« La restauration de Thiatus, la synérèse (le me nosyllabisme terminologique) des mois en
etc., la syncope des e précédés d'une ou placés entre deux consonn à-dire d<
réellement muets, toutes ces réformes qui concouraient également émettre la prononciation du vers d'accord avec celle de la prose, aurait restitué à la langue poétique une infinité d'expressions indispensables. Elles avaient donc une importa énorme pour ceux qui disaient avec Victor Hu r
Et je n'ignvraia pas que la main courroucée Qui délivre le mot délivre la pensée,
» Rien n'indique que l'école romantique ait eu le moindre soupçon de l'existence de trésors depuis des siècles sous des montagnes de n'v fausses, restrictives et illogiques, On »
nulle part la trace, ne fût-ce qu'à titre de li des libertés que prenait le xvr siècle. Non tons ainsi à un curieux spectacle : d'une part, or s'insurge contre la convention qui avait fait dure de la poésie certains mots roturiers, on veut ni talons rouges ni bonnets rouges, Et d'une autre part, on s'incline devant les prèjug<
» laires tout aussi ridicules, et l'on ferme la porte » du vers à des milliers d'expressions dont le droit » de cité n'est pas contestable.
» Il faut rendre cette justice aux romantiques de » 1830 qu'ayant coupé la queue de leur chien et re- » conquis le droit de « faire tomber leur vers sur le » nez », ils n'abusèrent pas de leur victoire : une » fois disloqué, « le grand niais d'alexandrin » se » prêtait à tous les genres d'excentricités ; pourtant, » les exemples sont rares chez eux de séries devers » à césure mobile et à rejets ; les hémistiches noués » aux deux bouts restent de règle. Par exception » seulement, presque par licence, leur alexandrin est » parfois démembré, désarticulé, mais il n'est ja- » mais complètement désossé. C'est à leurs succès- » seurs qu'il était réservé de le faire passer à l'état » de mollusque en tirant les conclusions immédiates » du déclanchement de la césure *. »
L'hiatus est donc d'une manière générale, interdit entre deux mots dans l'intérieur d'un vers : « à moins. que les deux voyelles ne soient pas séparées par une féminin qui s'élide ou par une consonne qui ne se prononce pas. »
Or, est-ce exact ? Je ne le crois pas.
L'hiatus n'a été proscrit de la prosodie française qu'a fin d'éviter la rencontre de deux sons dont l'audition eût été désagréable à l'oreille. Il s'agit donc ici d'une question de prononciation et d'un phénomène auditif.