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L'HARMONIE

Le rythme poétique provient d'un besoin de notre intelligence tentant d'introduire la lumière et l'eurythmie dans les phénomènes qu'elle envisage. Il provient, non de la vie physique, mais de l'esprit qui l'adapte à son usage. C'est une forme imposée au langage par ce que les Anglais nomment: the mind, l'esprit. Les sentiments exprimés en vers ont quelque chose de rationnellement régulier qui provient du rythme.

M. Combarieu a dit justement 1 : « Appliqué aux

1. Les rapports de la musique et de la poésie. M. Combarieu insiste aussi sur le caractère rationnel et subjectif du rythme. « La Gxation au chiffre maximum 6 du nombre des syllabes » composant les groupes symétriques du vers est le résultat d'un » compromis entre la raison, qui organise le mouvement de la » parole et notre sensibilité naturelle qui limite cette organi* » sation, afin de la mieux saisir, à l'emploi de certaines quan- » tités... Cette réalisation particulière de l'idée d'ordre crée le » plaisir en diminuant l'effort de perception ; elle flatte notre

te rythme &ignifi< it et

n harmonie «i^s passions, eurythmie compl i» libre parfait de l ame qui, jouissant du coi » facultés, sa sent heureuse, »

Elle provient de la correspondance des royelle grou] emble. L'oreille, sans qu'elle

réunit h'* voyelles et compare leurs groupes e eu*

Le principe fondamental consiste à introduit plus variété possible dans la bu

qui forment Les syllabes 1 , conformée ipe de Braunschvig voulant q proportion normale entre l<

on entende bien qu'il ne s'agît pas Ici d*l atonie Lmitative, i rapport

correspondance plus étroite entre les choses p:vr la reproduction des bruits natu

ou voyelles

lonie itnitative, comme le rejei d ;> la plupart di ne produit d'heureux effets qu'a condil

«f sens esthétique ru du

Dans l'harmonie, comme il faut l'entendre ici, il ne s'agit pas non plus de spontanéité. L'onomatopée n'y joue aucun rôle. L'allitération chronique ou fréquente n'engendre qu'une poésie pénible et antinaturelle.

L'harmonie figurative, au contraire, peint par des mots tout autre chose que le bruit.

"Certains rejets, certaines coupes de mètres, la longueur ou la brièveté des vers peuvent atteindre à ce résultat. Nous touchons ici à une question d'art et les préceptes ou les conseils ne sont guère faciles à donner.

Cependant quelques considérations générales trouveront leur place ici.

Quand les groupes de voyelles se correspondant, se suivent sans arrêt ou sont disposés symétriquement, l'oreille qui perçoit leur correspondance est satisfaite et le vers harmonieux. S'il n'y a pas de correspondance, le vers manque d'harmonie et si les groupes se correspondant ne sont pas disposés avec symétrie, l'oreille ne percevant qu'avec difficulté leurs rapports entre eux, le vers devient dès lors insuffisamment harmonieux.

L'oreille seule détermine les groupes. Elle sera guidée dans ce travail par les divisions marquées du vers, divisions dues aux césures ou coupes, aux accents toniques ou rythmiques.

Il suit de là que l'harmonie est d'autant plus grande qu'elle se saisit plus facilement. En conséquence : les vers les plus harmonieux seront les vers dont les groupes de voyelles et les groupes de syl-

- too —

labes marqués par le rythme seront simuK

M. Grammont étudie longuement cotte qu Il partage les voyelles en groupes divers : Il ne X de deux voyelles : les diades; ceu ig : le

des; les groupes de quatre groupes de six: les kexades et il établit les i suivantes avec exemples a l'appui :

i) Vers en triades.

Leur harmonie est d'autant plus grande

Une leurs triades se correspondent en ordr dire*

La Floride apparut sou* un ciel enchanté (Heredia.) s oï a a u u e n e o° o" é

//; Qu'elles se correspondent deux à deux ks rimes croisses) :

Admirable portrait qu'il n'a point achevé (Muï a i a c o è i u f» a e è

c) Qu'elles se reproduisent au lieu de s opposer Uni comme des rimes embr; première à la quatrième, la seconde à la troisième

Tout m'affilie et me nuit et conspire à me nuire.

(Racine, Phèdre.) u ai è e i é u" i a c i

d) Que l'harmonie est décomposable en un plus grand nombre de systèmes.

2) Vers en diades.

Leur harmonie provient de la plus ou moins grande correspondance de leurs éléments dans un ordre plus simple et plus régulier :

Nos nuits, nos belles nuits ! nos belles insomnies (Musset, Don Paez.) o i oèe i oèee n oi

3) Vers en tétrades et en hexades.

Ces vers sont des vers en diadess dont les éléments remplissent certaines conditions de groupement et de correspondance.

Les tièdes voluptés des nuits mélancoliques.

(Musset, Tétrades.) lé èe oué é i I é o n o i I

Les hexades sont ceux dans lesquels les deux hémistiches se correspondent par reproduction, par opposition, en ordre direct ou en ordre inverse :

Quelques croix de bois noir sur un tombeau sans nom.

(Musset.)

4) Vers en diades et triades combinés.

Leur harmonie est très grande.

Voici la verte Ecosse el la brune Ti» ht.)

t rn r

Sont allés chez Pallas pleurer leur impuissance. (Racine, Hrilannu u*» a é 6 a a ê é e e n i o n

Le blé, riche présent rie la blonde Gérés '.

(La Fontaine, IX, 11.1 é î e é« n e a u° e é è

Je donna tei l$a considérations de M Guilliaumi préliminaires I sa théorie du vers rythmique:

« Lamesureet la rime sont les deux manîfesl » les deux marques disl.im-i.ives de la poês oins de dégénérer en jeu puéril, la rime

1. L'auteur a soin d'ailleurs de prévenir le lecU nécessaire, pour se n Lat d'apprécier l'harmonie d'un

vers de s'exercer, la plume à la main, sur mille ver», et sur mille autres vers à l'aide de l'oreille seule. G'eal u [éducation de celle dernière sera suffisante pour qu*il saisis »> du premier coup le de^ré d'harmonie d'un vers». Jen ce que M. Grammoot dit des vers peu harmonieux, ou dé| d'harmonie ; et à son élude sur l'harmonie chez Rai

Lf Kootaine et de Musset; l'octosyllahe de ces mêmes poètes \ et enfin Tb ex asyllabe tayllabe. Il

considérations très savantes et d^s remarques dont cl

lire son profit, pour peu qu'il ait le désir de s'instruire, car nous n'eu sommes plu? nu temps où tes questions proton poètes et n'étaient réservées qu'aux savants.

iligner la mesure du vers.

% D langues Classiques île l'antiquité, la

htm résultait <1< j la division des longues et en brèves, marquées respectives tes signes- eU>. La quantité ayant disparu des modernes, la môme divisi re entre

vllabes fortes et les syllabes faibles. Cette dish'nn une fois établie, il n'y a nient a conserveries ancien

tes d'intensité, indiquant tes sylla Faibles *.

ihme du vers est le mouvement <!

L'alternance des syllabes accentuées et dessyllal

Cette alternance étant inb La I se produisant dans tous 1rs mots

ji,Ti»uprs de mots, la prose a aussi SOU rythme; nt, il est dépourvu de mesure, tandis que eelui de la poésie, est régulier, périodique. w I rythmique, simple renforcement du

, n affecte pas plus l'intonation que la dui

il n'a rien de commun avec le diapason ni avec le

métronome ; il est purement dynamique. Lé nom

ous lequel on L'a désigné, n'est propre

qu'à faire supposer le contraire, en portant i\ croire

le loHi le degré d'élévation de la \ » La dernière syllabe sonore d'un mot on J

GhiUlîiumin, Le

k mon sens, dépourvu df es, puiique l'accent placé sur les syllabe» est uniforme*

phrase est la seule qui jouisse de la :

» d'avoir une accentuation invariable.

» Deux syllabes fortes qui se rencontrent sot » destructives du rythme ; elles produisent un chc

» blessant pour l'oreille:

H loups mangent gloutonnement >• Vive le roi! Vive la li^ue!

Lorsque, au contraire, les syllabes fortes » Irop éloignées Tune de Tau ire, le rythme c » d'être appréciable. C'est pourquoi les d » certaine longueur reçoivent plusieurs ac

Oie superbement et magai/fçaefjt6ni«

» La dernière syllabe étant accentu< » que la pénultième ne Test pas. Toute » disyllahique, masculine ou féminine, se prés a donc sous la forme : demain, ensemble, j< Me L'antépénultième peut è:

I û Accentuée : le lendemain ; le tort cri

2* Dôsaccentuée : Heureux lend a pérance.

b Dana l'un ou l'autre cas, nous arrivons, » vaut cette marche régressive, a un second ai

-j qui ne pourrait être renvoyé plus avant ; car une > succession de quatre syllabes, telles que : Lotira n qui sV/v;, inforlu/tr sérail dî

• deux fois deux: tShmre qui Lu-frê, D'où la règle générale :

» Entre deux syllabes fortes, il doit y avoir une » syllabe faible au moins et deux au plus. »

Gomme je le disais plus haut, il me semble que nous touchons ici au domaine de l'art pur et que préceptes et conseils sont sinon superflus, du moins bien difficiles à formuler.

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