‹ La poétique française: le présent et l'avenirChapitre 49 sur 53 · FUcan, l if de Malherbe · texte numérisé non relu

FUcan, l if de Malherbe

Pour lai la poésie n'était qu'an divertissement et ne réclamait que de l'habileté. « Il disoit que c'étoit » sottise de faire des vers pour en espérer autre ré- » compense que son divertissement et qu'un bon » poète n'étoit pas plus utile à l'État qu'un bon joueur » de quilles » f .

D'ailleurs, à tant élaguer. Malherbe dépassait le but et comme dit la chanson :

Dépasser le but, c'est manquer la chose.

A force de limer, d'élimer, de couper les jets vivaces de l'inspiration et de la langue, il arrive, comme le dit excellemment Mathurin Régnier dans sa IX e satire:

A proser de la rime et rimer de la prose.

M lle de Gournay, s appuyant sur l'autorité de Montaigne, juge avec les Essais que la bonne rime ne fait pas le bon poème 2 , réclame un peu de justice pour les diminutifs que Malherbe condamnait et, comme Mathurin Régnier, le droit d'élever la poésie au-dessus des conditions et du joug de la prose.

« Je sors, dit-elle 3 , d'un lieu ou j'ai vu jeter aux » vents les vénérables cendres de Ronsard et des » poètes contemporains, autant qu'une impudence » d'ignorants le peut faire, brossants en leur fantaisie

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