Id
2. « Il vouloit qu'on rimât pour les yeux aussi bien que pour les oreilles. » Id.
3. Les Advis ou les Présents de la demoiselle de Gournay (Paris, 1641).
comme le sanglier échauffé dans une forêt. Dieu me garde d'être si téméraire et ingrate pour les gra esprits qui ont écrit avant moi et même de mon temps, que de leur reprocher l'usage de mille < ses, refusant de les employer après eux, d'essayer à les flétrir et les ensevelir au torol du inépris par un contre-lustre, ainsi que ces noijiv venus prétendent Caire, dessein a»
i. Mauvais français sont-ils, certes, outre i de vouloir ainsi fléLrir un des plus riches fleurons de la gloire de nos rois et de la France, qui i siste au don que des poètes d'un tel mérite leur ont fait de la leur par réflexion, et don api qui a rendu la France vénérable et admirable s nations.,. Nous prouverons en ce di- jue t
depuis qu'une langue est arrivée en un temps sa nation porte la science au période, ainsi qui France la portée en la saison de Ronsard, < langue, dis-je, est en son période aussi, j'en tends ne peut rompre ni changer ses lois qu'en empira bien qu'elle se puisse amplifier. Or, par-dessus tout . pour preuve que la langue vulgaire n'est pas considérable tout du long sur la pi nous qu'en cette saison de Ronsard, ni de Du f lay,ni de Desportes, on parlât vulgairement nous parlons ? ou que leur dialecte fût plus < forme à celui qui courait alors en public qu* lecte du ces nouveaux n'est conforme a celui ces trois écrivains? Vraiment ils n'eussent poètes excellents, ni poètes, s'ils se fussent al.
» ses au parler commun des hommes, et si le com » mun des hommes pouvait élever le sien jusqu'au » leur, la poésie ayant été baptisée de tout temps » non seulement grandiloqucntia* mais le langage » des dieux et non des humains. 11 faut dire à l'op- » posite : c'est le langage des poètes, d'amant que » ce n'est pas celui du peuple... C'est des ouvrages » romans, des livres communs et des grammairiens » que nous apprenons l'usage, pureté, scrupule et » propreté du langage..., mais des poètes, l'étendue » de ses droits et de sa propagation, sa souplesse, » magnificence et richesse; ou plutôt de ceux-l.t le » langage populaire est courant ; de ceux-ci le noble, » riche, royal et céleste. On dit que les sorciers obéis- » sent aux dieux, et que les magiciens leur commun- » dent. Ainsi nos petits charmeurs d'Amen el <l 'esprit , » grammairiens et faiseurs de langue vulgaire, sont » au-dessus de la langue; ces grands charmeurs, les » poètes, sont au-dessous. »
Mademoiselle de Gournay expose on nn peut mieux le point en litige entre Malherbe cl hch prédérns seurs. Elle aurait pu signer aussi lu phrase oh Jean François Dugiez, seigneur de Hal/ac, ne moque du pédagogue de cour '< qu'on appelait lu tyran de* » mots et des syllabes et que la mort attrapa <lun<t » l'arrondissement d'une période *.
Malherbe ne fut ni grand écrivain ni grand po4fe, ni grand caractère. Il incarne au premier chef ce que Chapelain appelait : " la réduction a Irifiiver^el a. \\ tua le Umoe, c'e»t-a-dire la tendance particulière
— tris -
de chaque poète ;\ exprimer des idées person de noblesse ou de grandeur. Par son ém< vie, son harmonie et sa sérénité, la poésie Ij vise au sublime ; elle s'impose par la forte s'exprime par l'émotion intime et touche par l'en thousiasme du poète. Vouloir ravaler la poésie lyr que à l'expression purement subjective, dire qu'el ne rend le monde qu'à travers l'imagination chaque auteur, et qu'elle ne réfracte que les image de la propre imagination d'un homme : c'est librement réduire la beauté d'un genre qui n donné des chefs-d'œuvre et qui a fait la gloir* Pléiade. Malherbe n'était pas lyrique. C'est pou cela qu'il a, dans ses poèmes et ses exemples l'éclat de l'imagination. La luxuriance de l'esprit xvi« siècle n'est rien à ses yeux. Il n'admet plus qi les idées communes à tout le monde : ign comme Iettn nt la conception, aisëmeal
fiable, ait une portée universelle. Des idée* raies servent de liens entre les divers p poèmes. Tout devient pour lui objectif pour ne ramasser que des idées re< ipris
de tous, le détournent du lyrisme. Lyrique, pourtoo il aurait pu l'être, tt»ut comme Ronsard dont il s'i séparé, du reste, tardivement, quand ilcompril qi le suce< ^urnail du chef de la Pléiade, et qi3
dallait suivre une mule nouvelle,
liais comme il est absolu, dès qu'il se voit à cour le seul poète marquant, il prétend doni, règles certaines à la langue, comme à la poésn
Tokd — œ h vonrc ce teîl tenier — mais MJfcniïKM le montre snrai»OTiàBmnifaii -, le vsinû <fc->c* ^&* ^ sépare de la Pléiade et i abandonne de poète de » cœur une xcae oê Kcoxsard était déjà aVlê si loin * * . On a beau dire que < la transformation on k dèoa- » dence du lyrisme dans les premières années du » xni* siècle- est le prix dont nous avons payé le » progrès et le triomphe de la poésie dramatique et » de Fart oratoire >* : ontre qu'une telle assertion est à prouver, il n'en reste pas moins que Malherbe a étoufle l'enthousiasme et dirigé l'esprit français dans des voies droites et solennelles, qui méconnurent longtemps la beauté de la nature, le silence des sites» et la fraîcheur de l'imagination. §i,d'ail)eurs«lcst<Vlc de Louis XIV, de par la réunion de ses merveilleux auteurs, a jeté un immortel éclat, je no sais pas jusqu'à quel point il faut en faire remonter la gloire à des réformateurs comme Malherbe ou Yaugelas plutôt qu'à l'évolution naturelle de la langue, et si pour tout dire, on ne doit pas ramoner t\ une question de mode et d'obédience à un monarque absolu ee besoin d'ordre, de discipline, d'unité sous la loi, dont les rhétoriciens, depuis des annéos, ne cessenl <le nous rabattre les oreilles !
Ajoutons qu'il est dangereux rie nn juin suivre In mode. Et par exemple, quand la poésie, de lyrique se faisait éloquente, Malherbe sentit d'où lu vnnl
1. La Doctrine de Malherbe, d'âpre* non Commenitih'p nut Desporles.