‹ La poétique française: le présent et l'avenirChapitre 51 sur 53 · Id · texte numérisé non relu

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soufflait et ne chercha pas à réagir. Devenu cour à cinquante ans, âge on il est présenté Henri IV par son compatriote Vauqueltn des teaux, il comprend que le temps de la fan passé et que les intentions et les désirs du pri sont tournés vers Tordre et la discipline. Dès 1 pliant aux circonstances, comprenant qu'il □ plus se vêtir comme au temps de Louis \ d Henri II, de Charles IX ou d'Henri III, il tourne résolument le dos au lyrisme, à l'Ecole qui en la personnification même, et surtout à Ronsard imita au début de su carrière et dont il gardera tout ce qui lui semblera convenir à son noir sein. Au lieu de résistera la force du m réacteur contre l'individualisme el le lyrisme, il

;t porter par le courant nouveau e ses vers, comme te porte-parole des penimnies et des sentiments généraux ; il se pli;« h très convenances que celles du « moi » et devint didactique en même temps qu'objectif, de la chance. H ne faut ni en taire un grand | « ni le principal artisan d'une transformation dont » les causes le dépassent de toute mam

Il est temps d'élever la voix et do défend Pléiade contre les reproches de méfaits qu'en pas commis. On se fait de Malherbe une opinion beaucoup trop flatteuse. On dit : c'est en appliq à la littérature et à la poésie une règlement

i. Brune tièrê.

raillant h la pureté et h la propriété du

ingage que sa réputation s'est imposée. Et Ton

il : il n'a jamais voulu autre chose que coi

BP l'u le suivre (sans préteodre le moins du

ïonde lui faire la loi ni te devancer), et si quelque

louveauté se produit la soumettre à un nnmii

Tout cela est fort bien, mais pourquoi a-t-il i bon marché de L'inspiration généreuse qui ivail ; - écrivains du Jtvi

iquer, pour la langue française, le droil de traiter les plus hauts sujets d'éloquence e< de leur faute si ce mouvement dévia? Il si peu, du reste, que de nos jours la poi leurs données» juste re( es d'ici-ba

e n'eu! jamais d'autre bat que l'approbation d de cour. Ce n'est certes pas lui qui eut me Balzac à Conrart : « La louange eacrire n'est pas celle que je cherche principale» ' me semble qu'il y a quelq> de plus haut où il faut viser dans les es- vrîr

mi me$nu mmuns, plaire et iofr-

L'évolution naturelle dans la on ion de le lan-

prétendit rarrôter. Sa Muse corn]

■'Ire un tenue ions synt

t prosodiques qui, remarquons ront

itre datée de 1051. (Voyez Œuvres de Balzac

après lui. Ce n'est pas chez Malherbe que la sér poètes, d'orateurs et de penseurs qui s'imp l'Europe, pendant le siècle de Louis XIV, allèrent chercher des modèles. La langue ne cessa et dire aujourd'hui que nous parlons et écri comme les Molière, les Pascal ou lesRacim tromper du tout au tout. Une langue ne saurait demeurer fixe ; son fonds matériel s'enrichit dïfie de jour en jour et de siècle en siècle. Lil donné sur ce sujet des pages singulièrement bantes.

Au surplus, Malherbe, av scrupules

n'a pas tiré de la langue tous les avantages qu'elle contenait. Il a proclamé tant de mots indignes e chus qu'il s'est enfermé dans un cercle étroit, h< semenl un peu élargi par Hugo qui y étouffait, Plus do tours heureux, fins ou hardis ; mais des ordres grain» matieaux imposant ù chaque phrase cette raideur monotone dont se plaignait, à juste titre lians sa Lettre à {Académie. Il ne faut pas oublie? que la grâce el l'agrément de Villon, Marot, bigne, du Bellay, Ronsard et Régnier, tenaient promeut à l'absence do toute gène dans le gage comme dans la pensée. Malherbe, avec proscriptions et ses prescriptions, n'eut ni ni Légèreté de touche. Il entrava de plus en plus métrique française en exigeant même du si

marque 1res juste, — métaphores, comparaisons, fictions, allégories, — une exactll Ile et une précision technique capables de

primer toute inspiration poétique et de faire ftur rimagi nation.

Selon lui la poésie doit être raisonnable et ne diffère de la prose que par le nombre.

Henri Heine, dans ses Mémoires, s'exprime ainsi : « Je ne connais rien de plus insipide que le systi^me » de la poésie française. Proeuste est assurément » l'inventeur de cette métrique, vraie camisole de » force appliquée à des pensées trop paisibles pour » en avoir besoin. » Il dit encore : « C'est un prin- » cipe ridicule de faire consister la beauté d'un » poème à surmonter des difficultés de versiticn- » tion... Les Français ont toujours senti eux-mêmes » ce qu'il y a de rebutant dans cet art contre nature » et leurs bons acteurs sont dressés à déclamer les » vers d'une façon aussi saccadée que s'ils récitaient » delà prose. Pourquoi, dès lors, se donner l'inutile » peine de versifier ? »

Malherbe fut le grand coupable. C'est lui qui a resserré la terrible camisole de force prosodique et entravé au plus haut degré la versification, sous prétexte de clarté, de sobriété et de propriété des mots à poursuivre dans le style poétique. Les questions syllabiques le laissèrent indifférent. Il se préoccupa de syntaxe, jamais de rythme. Ce réformateur, arrogant et sûr de soi, ignore le rôle que l'acccmt joue dans le vers *. Cet homme, qui avait la prétention de

i. Ce rôle sera révélé au xvin* siècle par un italien : Antonio Scoppa comparant le vers français et lu vent italien, tous deux syllabiques comme l'espagnol. Quichcrat, dans son Traité du wr-

ppuyer sur l'usage, le méconnut ctrangene une fois, par exemple, il ne comprend on ne veut comprendre que IV muet, dans l'intérieur d'un ou d'un vers, peut être considéré comme non a puisqu'il ne se prononce pas. En raison de 1 -ance de ce fait, le législateur du Parri; des vers faux, non pas sur le papier, mais en lan que prononciation... Quand il écrit par exempt

La Franr.

Ne dormira jamais d'un paisible sommeil

Tant cjue sur voir* front la douleur aéra pr

il croit composer des mètres impeccables : et poï tant au lieu de 12 syllabes, le dernier iand

esL prono&eé, n en compte plus que 9 :

Tant q' sur voir' front la douleur 3*ra peinte.

S'il prétendait suivre l'usage, il aurait dû ±y conformer et respecter mieux les évolutions de la

puis qu'aussi bien, a cette époque, Te ra considéré comme nul et non avenu dans la pr< dation, Ainsi, Malherbe, instaurateur des contraints prosodiques, négligera la prononciation en favet de la graphie irréprochable en appareno

Et Ton s'étonne après cela que la versiflc&tb française soit, de nos jours, attaquée dans l'cnsemL de ses règles et revienne a Ronsard et à la l'I {dors que les conditions mêmes de ses nombre

ation, a irè* clairerarnl exposé tes idées tonique dans noire poé&ir,

enmbattt&«; annitiiteg par Halte*?!* BuiiflBL t. m: «bee. s par: m iarts CMiwrf: » <**

; me. îmmilfc une fl: nr. «r * ^n mMr Hnnmetair innpminw> an nu itramn jfattii»

Ifias & miHEu fit Inauù. ivriin: $T*t *t \Mn . Vii ans rùç? MDivMxtL y«r m -wtnor £reitt*qu*. Tomber o* es çnnàs mot Jt testr j**ul*ftH<H}u*

et quand il le somme :

Ce poète argnrnUmnL. marncii* à* & hMA ..

il commet non seulement ime injt*stiN\ w*>$ <v ^>n est plus grave, une malhann<Metè^ M frapp* ,t,\* tracisme une école dlllustres maîtres et le* r<stm sit à un oubli à total, que le livre de Sainte IVuvo sur la poésie du rn* siècle révéla au commun de* loe teurs du xix* des vers qui furent, depuis lors, .|n*to ment admirés et provoquèrent, de nos jour*, l\ir dente sympathie des jeunes portes pour INvnvro do la Pléiade.

V. Hugo disant que le vers est In formo oplhpio do la pensée et lui donne de la vivncitt* ol do hvlrtl, critique, sans s'en rendre compte», les «ouvron m^ino* de Malherbe. Celui-ci, de tout riit^rlliigo tin |mi*«o ne recueillit que ce qu'il crut «Hro lo Huil^rlol i|m Im langue. Ce fut un malheur pour <w poiHn, ni *uiIihjI pour nous qui devions en nupportnr In* <;onpM'«i|U"N»i'ii ' de ne rencontrer devant lui hihmu lumUmiiiimu quand ce n'eût été que mn ami Itucau qui, t>ulgijp,M4

par le despotisme emporté du maître, osait à demander des règles prosodiques un peu pluralités, au risque d'encourir les foudres de Tir normand,

La Muse française en épousant Malherbe fit, dire de Stendhal, un mariage de raison. Ce fut fâcheux pour elle. Non seulement les époux t taient pas assortis, mais l'un d'eux était bien inférieur à l'autre. Une telle union appauvrit du poésie. Elle rencontra chez son Mentor de mari un esprit étroit qui lui fit regretter ses liaisons [ et le choix de ses anciens amants évim

V. Hugo comprit d'instinct cet appauvride la Muse française, quand il remania l'alexandrin, lis le comprennent aussi les poètes qui continu» poursuivent la réforme, Il ne s'agit pas pour eux de B'affranchir des règles prosodique fendues, comme si elles étaient en péril, par les lateurs de Malherbe : il s'agit simplement dVi ces règles et de leur faire subir les modifications quates à l'état et aux obligations actue gue et de l'usage. Aucun désordre n'en résuit' la dignité de la langue française, plus cl poètes qu'à aucuns autres écrivains de Franc subira, de ce chef, nul dommage, n'en déplaise esprits chagrins, toujours porter a prédire la déi dence et la ruine, quand le sol, au contrair. rit et que l'inspiration se cherche et se ren

Tel est l'alexandrin imposé par Malherbe. J'a

montré que les poètes du xnr siècle s*écartèrent> fort heureusement parfois, de ce lyp«- et qu'on peut trouver dans Racine, le modèle ificatettr clas-

sique, nombre de vers n'< ûl ni la règle de la

césure finale, ni celle de la césure médiane, La tation avait beau essayer de ramener ces vers alexandrins ut qu'en altérant le bon sens, « Pou tne la

faut, on le lisant, accuser » toutes les altérations qu'il fait subir à la symétrie treu&e d»

Malgré ces dérogations aux régies de Malherbe, ces règles dominaient quand i alion

Ile-ci ni l!i * rn<purs polies, so-

lennelles el autoritaires du temps de l'absolu Louis XIV : « le bai ;ulior de l'hémistiche s'ac-

» cordait à merveille avec l'expression de senti- >v ments toujours contenus, même quand ils étaient » le plus ardente Il n'y a aucun rapport à cet égard entre le xvn° Bifr -.i épris de nouveauté, de fougue el d*in~ •ndanee.

Aussi, quand notre poésie contemporaine a combriser le moule classique de l'alexandrin, mise, avec raison, à l la Pléiade, sn

ntant par delà Malherbe. C'est pourquoi le vers Tne de douze syllabes ignore, lui aussi, la règle fondamentale de la césure. Il n'y a plus accord du

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