‹ La poétique française: le présent et l'avenirChapitre 8 sur 53 · V. Hugo · texte numérisé non relu

V. Hugo

Ce procédé prosodique met en évidence les deux mesures voisines comprenant une somme de syllabes inférieures à six. L'origine de ce vers, aussi bien que celle des autres vers romantiques, provient de la période classique, comme on peut s'en rendre compte par ce vers de Racine :

Tout a fui, | tous se sont | séparés | sans retour.

2) Trimètres non romantiques.

Ce trimètre est un vers de douze syllabes ayant l'accent rythmique sur la sixième. Par ce côté il confine à l'alexandrin classique, mais ne comprend cependant que trois mesures, « c'est-à-dire que Tune de ses. mesures est constituée par un hémistiche tout entier 1 ».

Dès lors cet hémistiche se rapproche de la prose, du langage ordinaire et le vers en acquiert plus de rapidité et de légèreté. On s'en sert pour un badinage élégant, une fine plaisanterie, pour l'emploi d'un ton de comédie. Ce mode remonte au xvn° siècle comme les autres, mais c'est surtout chez Musset « qui avait un sens merveilleux du rythme 2 », qu'on en trouve les exemples les plus parfaits, entre autres la pièce à Ninon 8 .

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