Quiconque a le sens des nuances de la langue et de la
vous le disais | pourtant | que je vous aime f Qui sait, | brune aux yeux bleus | ce que vous en diriez? eut-ê | tre cependant \ que vous m'en puniriez. Ninon, j vous êtes fine | et votre insouciance Se plaît, | comme une fée j a deviner d'avance ,* Vous me répondriez | peut-è | tre : Je le sais.
Il est aisé de constater que les scansions sus-indiquées s'adaptent parfaitement aux pensées de ces et à leur mouvement : étant donné surtout qu'un même groupe de mots ne comporte pas nécessairement toujours un rythme identique, puisqu'ils ont des rôles divers à jouer dans une phrase, dans un vers et qu'ils dépendent aussi du ton de la pièce, de l'importance des termes antécédents ou subséquents.
PENTAM&TBES. HEXAMÈTRES
Nous avons vu que le trimètre réunit et resserre synthétiquemenl ». Le pentamètre et l'hexa
mètre au contraire les distendent et les anal>
rimètre, on le sait, est plus court que le té Ira triètre. Les vers dont il s'agit ici ont plus de longueur et de lenteur.
Les pentamètres comprennent cinq et l<s hej
* poésie française s'en rendra parfaitement compte, m Grammont, p, 66,
mètres six mesures. Le triaiètre présent* rapidement les images et les idées et correspond à un mouvement hàtif :
Et l'on sent bien | qu'on est emporté j ver» Tuur».
Le pentamètre et l'hexamètre offrent une succession d'images ou de pensées beaucoup plus lento et permettent, en conséquence, d examiner plus tranquillement les formules et de s arrêler plus attentivement aux détails individuels.
Les classiques composaient des pentamètres. On en trouve dans Corneille :
L'heu | re, le lieu, | le bras | se choisit | aujourd'hui.
(Ci nu a,)
De même dans La Fontaine :
Le lait tombe; | adieu veau, | va | chc, cochon, | eoiiv.'o.
Et dans Racine :
Je n'y vais que pour vous, barbare que vous ûtes,
Pour vous | à qui | des Grecs | moi seul | je in; dois rien.
Mais les modernes ont surtout fuit emploi do en mètre. Hugo en compose presque dans chaque piùcu.
Le faune, haletant parmi ces grandes damos, Cornu, | boiteux, | difforme, | alla droit | à VA nu»,
(Lr. Su/;/ m.,
Les hexamètres sont plus rarement employas, non seulement parles classiques mais au -si par len modernes, peut-être â cause de la difficulté de vhmw six mesures de deux syllabes chacune, comme da ir-, ce vers des CkâtimenU.
Fuyards, | blessés, | mourants, | caissons, | brancards, | civières.
ou simplement de former douze syllabes divisibles en six mesures, exemple ce vers de Racine :
Roi, | prêt | res, peuple, | allons, | pleins | de reconnaissance.*.
ou ce vers de Boileau :
La fille qui m'enchante, No | ble, sa | ge, modeste, | humble, | bonne | te, touchante.
ou celui de HugQ :
Qui rit | baille, | applaudit, | tempo | te, aif | fie, hue.
De toutes les explications précédentes il résulte le principe suivant :
Tout poème à fond de tétramètres, mais renfermant plusieurs trimètres et mélangé parfois de pentamètres ou d'hexamètres, est un poème en vers libres.