‹ La poétiqueChapitre 16 sur 69 · I.'^ DO principe de la Vrayédle, de la Comédie et dn · texte numérisé non relu

I.'^ DO principe de la Vrayédle, de la Comédie et dn

Le principe qui $ert à diviser la poésie épique dans ses diverses espèces est la différence qui résulte de ce que l'idée «substantieUey base de la représentation épique» est tantôt exprimée dans sa généralité, tantôt exposép dans. un récit sous la forme de camctèresy d'ae^ tions et d'éFénements réels.

D^il la poésie lyrique,, au contraire, la série des espècw^ se coQnloçne d'après. les divers modes d'exprèssioipi,iq|ii correspondent aq degré et à la manière selon lesquels le sujet se rattache plus ou moins étroitement à la personne du poète qui révèle les sentiments intimes de son âme.

Quant à la poésie dramatique, qui fait des collisions entre les passions et les caractères, et du dénoûment d'une pareille lutte le centre de ses représentations, elle ne peut tirer le principe de la division de ses genres que du rapport différent dans lequel les personnages sont vis-à-vis du btU qu'ils poursuivent et de l'idée qu'ils représentent. La nature déterminée de ce rapport est, eu effet, le point décisif qui caractérise le mode particulier de conflit et de dénoûment dramatique. Elle fournit, par là, le type essentiel de Taction tout entière, dans sa représentation artistique et vivante.

SES DlTfiRSBS ESPACES. 49

Gommé poHits principaux quf doivent, à ce sujet, fixer notre attention, on doit faire ressortir, en géndrri, ces principes dont la conciliation constitue 'ressenttel dans toute action dramatique,' savoir : d'tm oôlé le 6m, le grandy le divin dans le monde réel et ph)fefne, comme constituant le fond vrai et éternel du caractè're et de la volonté humaine ; d'un autre cdté, la personnalité en elle-même dans ses déterminations arbitraires et sa liberté déréglée. — Sans doute, le vrai en soi et pour soi se révèle, dans la poésie dramatique, sous quelque forme que l'action appai*aisse, comme la base essentielle; mais la manière déterminée dont ce principe se manifeste offre des formes différentes et même opposées, selon que , dans les personnages , dans leurs actions et leurs conflits, c'est le côté substantiel, on, au contraire, celui delà volonté arbitraire, de la sottise et de la perversité, qui est maintenu cortimie la forme dominante.

Nous avons, sous ce rapport, à rechercher le principe des genres suivants : 1* de la tragédie, d'après son type originel et substantiel ; V de la comédie^ dans laquelle la personnalité comme telle, dans la volonté et l'action, aussi bien que dans les accidents extérieurs, dominent toutes les relations et tous les intérêts'; 3^ du drame ou du spectacle proprement dit, dans le sens' étroit du mot, comme terme moyen entre les deux premiers genres.

W . roiME DIUIIATIQUB.

,1.. Pour ce qui conoeroe d'abord la Tragédie^ je me .boi^uerai à rindicatiou des principes les plus généraux ; car les points particuliers ne peuvent être saisis que par les différences qui se manifestent dans le développement historique.

y Le véritable fond de l'action tragique, quant aux buts que poursuivent les personnages tragiques, est compris dans le cercle dés puissances, en soi légitimes et vraies, qui déterminent la volonté humaine. Ce sont les affections de famille , F amour conjugal, la piété filiale, la tendresse paternelle et maternelle, l'amour fraternel, etc ; de même les passions et les intérêts de la vie civile, le patriotisme des citoyens, Tautorité des chefs de l'Ëtat. Il y a plus, c'est le sentiment religieux lui-même, non toutefois sous la forme d'une mysticité résignée, ou comme obéissance passive à la volonté divine, mais au contraire comme zèle ardent pour les intérêts et les relations de la vie réelle. Voilà ce qui fait la bonté morale des vrais caractères tragiques. Ils sont ainsi ee qu'ils peuvent et doivent être selon leur idée. Ils n'offrent pas un ensemble complet de qualités se développant en divers sens d*une manière épique. Quoiqu'en. soi vivants et individuels, ils représentent uniquement la puissance de ce caractère déterminé qui s'est identifié avec quelque côté particulier du fond substantiel de la vie. À cette hauteur où les amples accidents de Findividualité disparaissent, les héros tragiques, qu'ils soient les représentants vivants de ces sphères élevées de l'existence humaine, ou qu'ils soient

M LA. TRAflrfDIB. 71

déjà grands et fsrts par eux^mèines dans lmrISbre>kidépendftpee,! sont» en quelque sorte, placés au nii^u .d§S;<)8uvre8delft.sculptolre. Aussi, sous ce rapport, les statuer et les images des dieux, comme étani d*aille<frs d'une nature j^us simple, expliquent beaucoup mieux tes grands caraetèi^ tragiques des Grecs que toutes tes notes et les commentaires.

Ainsi, Dous pouvons dire en général, que le véri latrie thème de la tragédie primitive est le divin, non le divin tel qu'il constitue l'objet de la pensée religieuse en elle^môme, mais tel qu'il apparaît dans le monde et dans Faction individuelle , sans sacrifier son caractère universel et se voir diiangé en son contraire. Sous cette former la substance divine de la volonté et de l'action, c'est r élément moraL Car la moralité, lorsque nous la saisii^ons dans sa réalité vivante et immédiate, non simplement du point de vue de la réflexion personnelle comme vérité abstraite , c'est le divin réalisé dans ce monde. Cest la substance éternelle, dont les. côtés, à la fois particuliers et généraux, constituent les grands mobiles de l'activité vraiment humaine. Dans l'action ils 86 développent, ils réalisent leur essence.

2° Or, en vertu du principe de la particularité à laquelle est soumis tout ee qui se développe dans le - monde réet, les puissances morales qui constituent le mractère des personnages sont , d'al^ord , différentes quaat à leur essence et à leur manifestation indfViduelie. De plus, si ces puissances particulières, comme L'exige la poésie dramatique, sont appelées à agir au

72 PCfltaD/mUUUTIQlIB.

grand jonhc^, à se réaKeerieoimne but déteftliiiié d'tiile paaaîoD humaine qui passe àiFaeticMi', leur aoeoird eat délr^tt elles entrent en lutte les unes contre les au- (reâl, leur hostilité éclate de diverses nranières. Etifin, faction individuelle doit représenteri dans* des dftonstances déterminées, un but ou un héros principal. Otj dans ces conditions , celui-ci précisément , parce qu^il s'isole dans sa détermination exclusive, soulève nécessairement contre lui la passion opposée, et, par là, s'engeadrent d'implacables conflits.

Le tragique, originairement, consiste en ce que, dai^s le cercle d'une pareille collision^ les deux partis opposés, pris en eux-mêmes, ont k justice pour eux. Mais, d'un autre côté, ne pouvant réaliser ce qu'il y a de vrai et de positif dans leur but et leur caractère que comme négation et violation de l'autre puissance également ju^te, ils se trouvent, malgré leur moralité ou plutôt à cause d'elle, entraînés à commettre des fautes.

J'ai déjà précédemment indiqué la raison de ce conflit. Or, tout en iormant le fond substantiel et vrai de l'existence réelle* il ne se justifie et se légitime qu'en se détruisant comme contradiction. Doncy autant est légitime le but et le caractère tragique, autant est nécessaire le dénoilment de 06 conflit. Par là, en effet, s'exerce la justice éternelle sur les motift individuels et les passions des honunes. La substance morale et son unité se rétablissent par la destructiMi des individualités qui troublent son repos. Car, quoique les caractères se proposent un but légitime en soi^ ihûe

M. LA VHAoÈmr; 73

peiiwnt , cependant , le* réaliser qu'en * violant (Taiifrbs éroils^4|ai s'aHolueiM et se contredisent. ^ '^

kitm le principe yraiment substantiel "qui dbit'se réaliser, ce n'est pas le combat des intéi^ts plartiènliers, fUen que celui-ci tmuve sa raîsôtt tfêtré dans ridée iHiéme du inonde réel et de ractivité hntnaîne; c'est l'harmonie dans laquelle les personnages, 'avec leurs buts iélenhinéS; agissent d'accord, sans vlcfla- 4ion ni epposition. Ce qui, dans le déndûment ti*à^que , est détruit, c'est seulement l'individualité exdur' sive^ qui n'a pu s'accommoder à cette harmonie. MàSs alors (et c'est ce qui fait le trafique de se6 actes), tle pouvant renoncer à elle-méaie et à ses projets, éHe se voit condamnée à une ruine totale, ou au m^ns elle est forcée de se résigner, comme elle peut, à l'accomplissement de sa destinée.

Sons ce rapport, Aristote a eu raison de ftiirè conrsister le véritable effiet de la tragédie en ce qu'elle doit exciter la terreur et la pitié en les purifiant. Par là, Aristote n'entendait pas un spectacle^ qui Jette sin^plement le trouble dans notre ftme, et cependàM nous intéresse, qui nous blesse et nous platt, un spectade àia fois intéressant et repoussantJ Cette explication est la plus superficielle de tontes celles^ que l'on a cherché à) donner de l'intérêt dramatique dans ces deraiehs

•temps. : . : . f ^ f.

En eflrt^ ^il ne peut convenir à une œuvre d*filrt i[|be de représenter: ce qui s'adresse à la Mison, le vrai que conQoiti l'ei^iti' i Or, pour atk^dre à ce but, il feM^se

placera u(i tiHit filtre point de vue; Dtttf 4)ette phnae d'Âristote, noqs ne devons donc pas nous arrêter au siinple çentimeol de la terreur et de la pitfé, lûak à ce qx fait le fond essentiel du spectacle, dont la manifestation, conforme à Fart , doit purifier ces flenliments. L'hom,me peut s^ sentir effrayé devant la puissance du visible et 4u fini^ comme il peut aussi trembler devant la puissance de l'infini et de l'absolu. Or, eeque Thomme doit réellement redouter, ce n'est pas la puissance matérielle et son oppression, mais la puissance morale qui est une destination de. sa raiscm libre, et en même temps l'éteirneUe et inviolable puissance qu'il soulève contre lui lorsqu'il se tourne contre elle.

Comme la terreur, la pitié a. aussi deux objets. Le premier concerne Témotion ordinaire, c'est-à^Klire la sympathie pour le malheur et la souffrance d' autrui, qui n'ont rien de supérieur au cours ordinaire des choses. Les femmes des petites villes sont particulièrement su^ceplibles d'une pareille compassion* Mais l'homme d'une âme noble et grande ne veut pas être ému et touché de pitié d'une pareille manière. Car, dès que le côté insignifiant du malheur seul est manifesté, il n'y a plus qu'un rabaissement de l'infortune. La véritable pitié, au contraire, c'est la sympathie pour la justice de la cause et le caractère moralde oelui qui souffre. Ce genre de compassion, ce n'est pas mp. être vulg^irjQ ou un nnsérabJe qui peut nous Tinsplrer* '

Ajnsi, de môme que le caractère tragiqin» répand dam m>tre âme la frayeur qu'excite une piiissanoçoio-

raie, jn^vlol^l^le,; de loéfioef {mhKp qu'il éveille da«ft son malheur une sympathie tragique, iliiatit qu'jltsott en lui-même substantiel et hùOé Car. il n'y a qu'unie fond yrs^ qui a'^^resse à une. noble poîlaine d'hottime ê4 }a remoe jusque d^ns ses profandeturs. Par obnséqueAt, nous, ne devons pas conifondre riniérét qu'excite ledénoûment tragfque avec la sotta satisfaction <pii consiste en ce qu'une histoire trii^te, un malheur caobnie tel, doit ^cîter notre intérêt. De pareilles scènes déplorables peuvent s'offrir à l'homme sans sa participation et sans sa faute, par les simples conjonctures, les accidents extérieurs et les circonstances naturelles, par la maladie, la perte des biens, la mort, etc. Le véritable intérêt qui doit s'emparer de nous à cet égard, c'est uniquement le zèle pour voler au secours des irialheureux et les soulager. Si on ne le peut pas, le tableau de ces souffrances et de ces malheurs n'est qu^ décbira#t. Une véritable compassion tragique, au CQUtraire^ ne s'attache aux personnages que comme suite de l^urs propres actions, à la fois légitimas et rendues coupables par leur colli^on, actions dont ils ont eux-nafémesuue parfaite intelligence et portent la responsabilité.

Au-dessus delà simple terreur et de la sy^pj^thie tragiques plane donc le sentiment de Tharmopie q.x^e la tragédie maintient en laissant entrevoir la justice éternelle quji^ dans sa domination absolue, brise la^ justice r^atijve des fio^ et des passjoiitô exclusives, pftr^e qu'ellejpe p^ut souffrir qi^e le cousit et le désaçfçpfid des puissapces mjpvales* harmoniques daps leMr 6f-

76 PMSIB BftAMATItDUB.

noce, se continue victorieuseinent et conserve une existence réelle et vraie.

(^9 en vertu de ce principe, le tragique consiste principalement dans le spectacle d*un pareil conflit* et de son dénouaient. La poésie dramatique, d'après tout son mode de représentation, est seule capable de foire du tragique la base de Toeuvre d'art et de le développer parfaitement. Cest pour cette raison que nous avons dû en parler ici, quoique son influence s'étende aussi de diverses manières aux autres arts.

H. Dans la tragédie, le principe éternel et substantiel des choses apparaît victorieux dans son harmonie intime, puisqu en détruisant dans les individualités qui se combattent, leur côté faux et exclusif, elle représente, dans leur accord profond, les idées vraies que poursuivaient les personnages. I>ans la Comédiey au contraire, c'est lapersonnaFité ou la subjectivité qui, dans sa sécurité infinie, conserve la haute main. Car il n'y â que ces deux moments principaux de l'action qui puissent, dans la division de la poésie dramatique, s'opposer l'un à l'autre comme genres différents.

Dans la tragédie, les personnages consomment leur rùitie par Texclusif de leur volonté et de leur caractère d'ailleurs solide, ou bien ils doivent se résigner à admettre ce à quoi ils' s^opposent. Dans la comédie, qui

mu^.QQuÉnm.^ 77

nouAifaît rire^es.peraK^OQages (piiàthoueatfdamleiira' pY«|ir«&«ffarlfi€A.ipw leurs j^orts.iDèBies^ apfMtraUf c«fieiidaM(, le triampbeida la personnalité appuyée^ferteiOQ^t jwr /e^Ue^méoie.

. JU terrain littéral qui.conjrieot à la comédie, e'jest, psH'iOonaéqueot^un monde dans lequel ThMcuhe^comine pt^rsonqe. libre y, s'est rendu parfaitement maître de ce qui^ d'aiUeurSi forme le fond iessentiel deaa pensée el de son aetiarité, un monde dont les fins se détmisent parce qu'elles manquent d'une base solide et vraie. Un. peuple démocratique, par exemple, arec ses bourgeois égoiates^ brouillons, friToles, fanfarons et vanitjaqx ne peut se rdever, il se détruit dans sa propre sottise.

Cependant toute action n'est pas déjà comique parce quelle est vaine et fausse. Sous ce rapport^ le visible estisouy^nt confondu avec le vrai conique. Tout contr^jste çntre le fond et la forme, le but et les moyens pe9t être risible^ C'est une contradiction par laquelle Faction se détruit elloHuéme et le but s'anéantit en se réalisant* Mais, pour le comique, nous devons exiger u^e.'^D4ition plus profonde. Les vices de l'homme, par exemple, n'ont rien de comique. La satire, qui re* trace, avQc d'énergiques couleurs, le tableau d|i monde réel dans i^on apposition avec la vertu, nous en donne une preuve manifeste. La sottise, l'extrav^gancfi, l'inéptie, prises en soi, ne peuvent pas dayaptagjs être comiques, . quoiqu'elle» ; fassent . quelquefois rire* En général,, il, c'y a rwa 4e plus opposé qyç lea choses sur

78 POÉSa MtAMlTiQUB.

lesquelles les hominee ont ooutiMne 4e rire. Les phisaafteries les pku plates et du plus msuvais gqétiMt 4ie privilège. Souvent on rit aussi bien des diosds les plus importantes et des vérités les plus profondes, pottr peu que qodqne côté insignifiant s'y montre qui soit en contradiolioil avec nos habitudes et nos idées joui^ nalières. Le rire n'est alors qu'une mauifestalion 4e la sagesse satis&ite, un signe qui annonce que nous isommès si sages que nous comprenons le eontrarte et nous en rendons compte. De même, il existe un rire de moquerie, de dédain, de désespoir, etc. Ce qui caractérise le comique, au contraire, c'est la satisfoction infinie, la sécurité qu'on éprouve de se sentir élevé audessus de sa propre contradiction et de n'être pas dans une situation cruelle et malheureuse. C'est la félicité et la satisfaction de la personne qui, sûre d'elle-même, peut supporter de voir échouer ses projets et leur réalisation. La raison étroite et guindée en est le moins capable, précisément là où, dans sa satisfaction d'ellemême, elle est le plus risible pour les autres.

En ce qui regarde de plus près la nature des sujets qui peuvent convenir à Faction comique, j'indiquerai ici seulement les points suivants :

En premier lieu, s'offrent les buts et les caractères absolument privéâ d'un fond vrai, ou contradictoires, et par là incapables de se réaliser. L'avarice, par exemple , aussi bien quant à ce qui est son but que sous le rapport des petits moyens qu'elle emploie, apparaît naturelletnent comme nulle de 9oi ; ear ^e prend

«K LA CdMÉMe. 79

rabitraotioii moite de Id richesse^ Targadt oomme tel, po«ir la fin soprème où elle s'arrête. Ette cherche à atteindre eettelpcndejoaissanee par la privation de tonte antre satisftictiMïl^elle ; tandis que, dans cette impuissance de sont bat pondmede ses moyens, de la rusé, dd itiensonge, etc., elle ne penl arriver à ses fins. Mais, maintenant, si le personnage s'absorbe tont entier dans ce but, en soi faux, et cela sérieusement, comme constituant le fond même de son existence, au point que si celui-ci se dérobesous lui, s'il s'y attache d'autant plus et se trouve d'autant plus malheureux, une pareille représentation manque de ce qui est l'essence du comique. Il en est de même partout où il n*y a, d'un côté, qu'une situation pénible et, de l'autre, que la simple moquerie et une joie maligne. Ce qui est plus comique, par conséquent, c'est lorsque des buts , en soi petits et nuls, doivent être poursuivis avec l'apparence d'un grand sérieux et de grands préparatifs, et que le personnage veiiant à manquer son but, précisément parce que ce qu'il voulait était quelque chose, en réalité, de peu de valeur, ne périt pas et se relève de sa chute dans sa libre sérénité.

Le rapport inverse se présente lorsque les personnages s'efforcent d'atteindre à un but élevé et important, mais se montrent des instruments absolument opposés à ce qu'ils devraient être pour le réaliser. Dans ce cas, le substantiel a fait place à une fausse apparence. C'est le faux semblant des vaines prétentions de la vanité et d'une impuissante ambition. Et par

80 poteiilAAMÀTigfrB.

\kj^ pv^lefyokefàtf la butetlepersomiage, r8otion:«t<te CBjff^r^ ^\riwv0Pi enveloppés daiift'aiia*€QntR«4w*< tioan9Ùj.«çcq(npUa9efQent du bqtipi'opctt^t^t 4u)mraei^ tèrp ^^(létr\iit d'elle-m^ine. D^. ce;genrQi pai\Mero|ile^ sont }esMqra^gueus€^, d'ÀrUtopbaDe, jptme.qve. tea feoffniBs fDai veulent délibérer eyfofhdt^iUnfi 0011^9]]» cpnstitution, copsenent tqut le caprice ]et la j^a^sipa des feinqies, ^ m : {

yn;troisièa;ieélé|[nent,quis'ajy()ute auxd^ux pr^y^aior^ est formé par, l'çmplqi 4'accideats ext^rieu,rs, 4ao|^ la complication variée et e^tr^qrdinaif'e fa|t i^at^re, dp^, situations dans lesquelles les, buts et l^/ff: rf^ljfi^Uoay. le c^ractèif^e mpr^l et les situatipns extériauj^ea» spot; placés dans ^un. conti;*^$te comique, et c^ui^pqt d^ même à un d^qoûment comique,

M$ds, m^aipte^Ant, puisque le cqipique, en gépér^,. s'appuie, ^u^ de^. cpnt^astes contradictoires . ^t eqt^e des b/i^j^s pjpposés entre epx^ sojt enl^rei un but^ubstptiel^çt les.persQun^ges^ ^oit^^^enQn,. e^tre des çircopi^taffcef^ extérieures, l'act^çn coa^iqueréplame un dénojOlment. plus , imp^ipieusement ei^core que jl'^^tioa tragique. Car la contradiction du yrai^ep soi et de sa réalisation iudiyidviell^Sie m^nifestç eppore plus profondément dap^ l'actioiji comi(qu<(î. ; , ,

Çe^^i^, peper^^^^ pe détrijiitjdaf^..cç dénpûipeqt, ne^P^ut être ni Félémenf s^bst9|ntiel ^n soi, ni r<^lément personnel ou subjectif. , .

En, ejSet, comme art véritable,, la comédie doi( a^ssi, se soufiiej^tr^",^^ n^ pa^j<^jjrésentçr,p^.

DE LA^ COMÉDIE. g

qui est en soi le vrai, la raison absolue, comme ce qui est faux et se détruit de soi-même, mais au contraire comme ce qui ne laisse en réalité, à la sottise, à la déraison, aux faux rapports et aux contradictions, ni la victoire ni une durée indéfinie. Ce n'est pas sur ce qu'il y a de vraiment moral dans la vie du peuple athénien, sur la vraie philosophie, la vraie foi aux dieux, Fart solide, qu'Aristophane se montre comique, mais sur les excès de la démocratie, qui ont fait disparaître l'ancienne croyance et les anciennes mœurs, sur la sophistique, le genre larmoyant et les lamentations de la tragédie, sur le verbiage léger, l'amour de la dispute, etc., celte réalité en contraste avec ce que devraient être l'État, la religion et Tart. C'est là ce qui est représenté dans sa sottise, qui se^ détruit de ses propres mains. Ce n'est que de notre temps que l'on a vu Kotzebue aller jusqu'à exalter une excellence morale qui n'est que de l'avilissement, et à justifier ce qui ne peut exister un moment que pour être renversé. Toiitefois, la personnalité en soi ne doit pas davantage périr dans la comédie. Si, en effet, l'apparence, une fausse image de ce qui est substantiel et vrai , ou si ce qui est mauvais et petit en soi est le côté saillant, cependant la personnalité forte et solide, qui, dans son indépendance, s'élève au-dessus de toutes les choses finies, assurée et heureuse en elle-même, reste le principe du haut comique. La subjectivité comique alors s'érige en maîtresse, sur ce qui apparaît dans la réalité. La présence réelle du principe subn. 6

stanticil a disparu. Mais, si ce qui est en soi fawx se détruit par soi-même, à caiise de ce semblant même d*existeDce, la vraie personnalité triomphe encore de cefte destructiop ; elle reste inviolée en sol et satisfaite.

.. lU. Un troisième genre de poésie dramatique tient le milieu entre la tragédie et la comédie. 11 est cependant d-une importance moins frappante, quoiqu'en lui. la différence du tragique et du comique tende à s'effacer et à se concilier, ou que les deux côtés, au moins, sans s'isoler et présenter une complète opposition, se réunissent et forment un tout concret.

À ce genre se rattache, par exemple, chez les anciens, la comédie satyrique, dans laquelle la principale action, quoique encore non tragique mais d'un geni*e sérieux, est traitée comiquement. L^tragircomédie aussi se laisse ranger dans cette classe. Piaule nous en donne un exemple dans son Àmphitrion. Il le fait annoncer d'avance lui-même, dans son prologue, par Mercure, lorsque celui-ci dit en s'adressant aux spectateurs:

Quid contraxislis froalem? quia tragœdiam Dixi futuram hauc? Deus sum, commutavero Eamdem haoc si vollis : faciam ex Iragœdia Comedià ul sil omnibus iisdem yersibus, Faciam ut commisla sit Tragicomoedia.

BU IHUIIE. 83

Et, comme raison de ce mélaage, 9 indiqae, d'un côié, l'apparition des dieux et des rois comme personnages sur la scèoC; et de Taotre la figure comique de reselave Sosie, Dans la poésie dramatique modemCt le tragique et le comique sont encore pli» entremêlés, parce qu'ici , même dans la tragédie^ le principe de la personnalité qui, dans le comique, se déreloppe seul, se révèle naturellement comme dominant, et refoule l'élément substantiel qui fait le fond des puMsances morales*

Mais la combinaison plus profonde du tragique et du comique, pour former un nouveau tout, ne comisie pas à placer les deux éléments à côté F un de l'autre ou à les entremêler, il consiste à en retrancher les cAtés saillants et à les émousser l'un par raùtré. La personna* lité individuelle^au lieu d'agir avec une méchanceté comique, se pénètre du sérieux des rapports solides et des caractères fermes. Tandis qu'elle adoucit et applanit la force tragique de la volonté et la profondeur des collisions^ au point qu'elle peut arriver à une conciliation des intérêts et à une harmonie des buts et des personnages.

Le théâtre et le Drame modernes ont partieulièrement leur origine dans ce mode de conception. La profon*^ deur, dans ce principe, c'est 6ette idée : que^ malgré les oppositions et les conflite, une existence en soi pleine d'iiarmonie se réalise par l'activité humaine. Déjà les anciens avaient des tragédies qui offraient un semblable dénoûmeot; puisque les personnages, au

84 POÉSIE DEiOlATIQUE.

lieu d'être sacrifiés^ y comervent leur existence et leurs droits, iidnsi, par exemple, T Aréopage, dans ]es£timé* nides d^Eschi^, accorde aux deux parties, à Apollon et aux vielles vengeresses, un ^al droit à recevoir des honneurs. De même dans Philoctèie^ le débat entre Philoctète et Néoptolêoie s'apaise à Tapparition et par le conseil d'Hercule, qui les entraîne tous deux au siège de Troie. Mais, ici, la conciliation vient du dehors par Tordre des dieux, elle n'a pas sa source intérieure dans la détermination des parties même ; tandis que, dans le théâtre moderne, ce sont les personnages euxmêmes qui, par le cours de leurs propres actions, se trouvent conduits à cette cessation du combat et à cet accord mutuel de leurs buts et de leurs caractères. Sous ce rapport, Vlphigénie de Goethe est un vrai modèle poétique de ce genre de spectacle, plus encore que son Tasse. Car, dans cette dernière pièce, d'abord, la réconciliation avec Antonio est une affaire de sentiment. Elle résulte de ce que Ton reconnaît qu'Antonio possède la raison positive qui manque au caractère du Tasse. D'un autre cêté, les droits de la vie idéale, qui avait jeté Tasse en opposition avec la réalité, l'habileté vulgaire et les convenances, sont conservés. Mais cette conciliation est plutôt simplement dans Tesprit du spectateur ; cette idée n'apparaît que sous la forme de l'admiration pour le poète et de l'intérêt qui s'attache à son sort.

En général, les limites de ce genre intermédiaire, sont plus flottantes que celles de la tragédie et de la eMQédie. Ensuite on court ici le danger, soit de sortir

DU DHAMB. ^ 85

du type purement dramatique, soit de tomber dans le prosaïque.

En effet, comme les conflits, en raison même de ce qu'ils doivent, à travers leur propre désaccord, aboutir à la paix, n'offrent pas, dès le commencement, le spectacle d'une violente hostilité tragique, le poète parait s'être ainsi facilement préparé l'occasion de fidre rouler tout l'intérêt de sa représentation sur le côté intérieur des caractères, et faire de la marche des situations un simple moyen pour ces portraits de caractères* Ou il donne, au contraire, au côté extérieur des situations et des mœurs du temps, une importance prépondérante. Et s'il trouve encore l'un et l'autre trop difficiles, il se borne à exciter Tattention par le simple intérêt des complications d'événements frappants.

A ce cercle appartient une foule de pièces modernes qui ont moins de prétention à la poésie qu'à l'effist théâtral, et qui, au lieu d'aspirer à l'émotion vraiment poétique et vraiment humaine, ont pour but unique, tantôt l'amusement, tantôt l'amélioration morale du public, mais surtout qui fournissent à l'acteur roecasion variée de montrer d'une manière briUaDte la vertuoslté de son talent et son habileté.

86 FOÉSn DRAMATIQUE.

II. — SilMreiico de 1« poésie dramatique eliea les et cliea lea Hiaderiiea.

Le même principe qui nous a servi de base pour la division de la poésie dramatique en tragédie et en comédie, nous fournit également les époques essentielles de son développement historique.

Ce développement ne peut consister, en effet, que dans la succession et le perfectionnement des points de vue essentiels que renferme l'idée même de Taction dramatique. Ainsi, d'une part, l'ensémMe delà conception et de l'exécution devront manifester le côté mb- • ^tùntid dans les buts que poursuivent Jes personnages, dans les conflits et les caractères ; tandis que , d'autre part, ce sera l'élément interne, subjectif et particulier qui constituera le point central.

L Sous ce rapport, comme il ne s'agit pas ici de tracer une histoire complète, nous pouvons négirger d'abord ces commencements de l'art dramatique qne nous rencontrons en Orient. Quelque loin, en effet, qu'ait été la poésie orientale, dans l'épopée et aussi dans quelques genres de la poésie lyrique, le mode tout entier de cette civilisation n'a pas permis un véritable développement de la poésie dramatique. Pour que la véritable action tragique soit possible, il est né-

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