‹ La poétiqueChapitre 22 sur 69 · DE LA COMÉDIE MODERNE · texte numérisé non relu

DE LA COMÉDIE MODERNE

sence de toutes ces tromperiei^, de tous ces mensonges, souvent dirigés très-sérieusement contre les pères les plus respectables, les meilleurs des oncles, etc., nous pouvons rire des contradictions singulières, manifestes ou cachées, que renferment de telles fourberies.

De cette façon, la comédie moderne représente en « général des intérêts privés et les caractères de ce genre, avec leurs ruses, leurs ridicules, leurs originalités et leurs sottises, soit dans la description des caractères, soit dans la complication comique des situations. Mais une aussi franche gaieté que celle qui apparaît comme perpétuelle conciliation dans la comédie aristophanesque ne vivifie pas ce genre de comédie. Il y a plus : la plaisanterie peut devenir choquante lorsque la méchanceté, la ruse des serviteurs, les mensonges des enfants et des pupilles qui trompent leurs parents sont couronnés de succès, tandis qu'en réalité ceux-ci agissent par des niotifs honorables, non par les préjugés et les singularités de caractère qu'on leur prête pour les rendre ridicules.

Toutefois, en opposition avec ce mode assez prosaïque de traiter la comédie, le théâtre moderne possède un autre genre qui offre un caractère vraiment comique et poétique. Ici, en effet, la bonne humeur et la gaieté insouciante, malgré les mésaventures, et les fautes commises, l'arrogance et l'effronterie de la sottise, de la bouffonnerie et de l'originalité, constituent le ton principal; et, par là, nous voyons reparaître, avec une richesse et une profondeur d'humour nouvelles, dans un cercle

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plus OU moins étroit, plus ou moins large, dans un sujet insignifiant ou important, ce qu'Aristophane avait produit de plus parfait dans le champ de la comédie ancienne. Comme exemple brillant de ce genre, je veux citer plutôt que caractériser, encore une fois, Shakespeare.

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